Agathocle (v. 361-289 av. J.-C.) ; tyran de Syracuse.
Agathocle (v. 361-289 av. J.-C.) ; tyran de Syracuse. A la mort de Timoléon (336), se rallument, attisées par Carthage, non seulement les rivalités entre les colonies grecques de Sicile, mais aussi, à l'intérieur des cités, la guerre civile entre l'oligarchie des grands propriétaires (gamoroi) et la démocratie. Fils d'un potier de Rhégion, A. s'installe à Syracuse à l'époque de Timoléon et exerce d'abord le métier de son père. Il se distingue (v. 325) lors de campagnes punitives contre les habitants du Bruttium qui menaçaient les établissements grecs du sud de l'Italie. Par son mariage, A. devient un des plus riches habitants de Syracuse et a désormais les moyens de son ambition. A la tête du parti démocratique, il chasse le tyran Sosistratos, massacre les aristocrates et obtient de l'assemblée des Syracusains (317) le titre de général avec pleins pouvoirs (stratègos autokratôr). Une armée de mercenaires lui donne la possession d'une grande partie de l'île. Il relance la lutte contre les Carthaginois qui réussissent à assiéger Syracuse (310). Un plan de salut audacieux - la sortie brusque de sa flotte du port et l'attaque de Carthage elle-même - se révèle un succès. A. porte la guerre en Afrique, brûle ses vaisseaux, mais après des victoires doit capituler. Si son expédition se solde par un échec, Syracuse a été sauvée par sa manoeuvre et les Carthaginois affaiblis négocient une paix (306-305) qui confirme les anciennes frontières entre les domaines grec et punique de Sicile. A. regagne la Sicile, prend alors le titre de roi vers 306, amène l'est de l'île à la prospérité que donne la paix, étend son autorité sur la Sicile, intervient en Grande-Grèce (prise de Crotone) et s'empare de Corfou (300). Parce qu'il est l'un des plus riches et des plus puissants du monde grec d'alors, il est non seulement appelé au secours par les communautés grecques d'Italie contre les Lucaniens, contre les habitants du Bruttium et ceux d'Apulie, ce qui lui vaut des contacts avec Rome, mais il établit aussi des liens de parenté avec les Diadoques : Ptolé-mée Ier devient son beau-frère ; Pyrrhus et Démétrios Poliorcète, ses beaux-fils. L'assassinat de son héritier présomptif le conduit à remettre son pouvoir au peuple de Syracuse et à rétablir la liberté, peu avant sa mort. Cette tentative de monarchie hellénistique siciliote reste sans lendemain. En définitive, elle s'inscrit dans la tradition de la tyrannie. Après sa mort, Syracuse retombe dans l'anarchie et la Sicile sombre dans des querelles confuses.