Adler, Victor (Prague 1852-Vienne 1918) ; homme politique autrichien.
Adler, Victor (Prague 1852-Vienne 1918) ; homme politique autrichien. Né à Prague dans une famille de la grande bourgeoisie germano-juive, médecin neurologue, brillant élève de Théodore Meynert, il réunissait toutes les conditions d'une rapide ascension professionnelle et sociale ; il compte parmi les premiers wagnériens de l'empire d'Autriche-Hongrie et se trouve immédiatement en contact avec les élites de la vie intellectuelle et politique. Il noue ses premières relations politiques avec le mouvement national-allemand, mais établit également dès la fin des années 1860 des contacts avec le mouvement ouvrier autrichien. Ses orientations socialistes, renforcées par son expérience de médecin praticien, le conduisent dans les années 1870 à s'inscrire dans le renouveau du courant national allemand (Schönerer, Friedjung, Steinwender). A. influence ainsi de manière déterminante la rédaction du programme de Linz (1882), à travers lequel Georg von Schônerer rompt avec le vieux parti libéral gouvernemental pour s'affirmer comme le leader d'un nouveau mouvement libéral. Ce n'est pas cependant l'échec de la tentative de formation d'un large parti populaire allemand (deutsche Volkspartei), mais l'insuffisante ouverture des libéraux aux problèmes sociaux qui conduit A. à rejoindre les rangs du mouvement ouvrier. Un voyage d'études, conçu dans le but (auquel le gouvernement impérial autrichien mettra obstacle) de devenir inspecteur du Travail, lui permet de faire la connaissance des principaux socialistes allemands, Friedrich Engels, August Bebel, Karl Liebknecht. A. se porte alors à la tête du parti autrichien des travailleurs (Ôster-reichische Arbeiterpartei), divisé par des luttes de tendance entre modérés et radicaux, et fonde le quotidien qui deviendra l'organe du parti, le futur Journal des travailleurs (Arbeiterzeitung). Il y développe sa conviction qu'une politique sociale avancée constitue une exigence fondamentale pour le maintien de l'individualité nationale de l'Empire. L'unification de la social-démo-cratie autrichienne au congrès de Hainfeld (1889) et la création d'un mouvement ouvrier international en Cisleithanie (la partie de l'Empire sous domination autrichienne), en dépit de la croissance des tensions entre les nationalités, constituent à cet égard une étonnante réussite politique qui repose sur la capacité d'A. à diriger les hommes et sur ses remarquables capacités de tacticien. Devenu le « conseiller aulique de la Révolution », député de Reichenberg (Bohême) en 1905, A. se prononce contre Engels, malgré l'amitié qui les lie, dans le sens d'une social-démocratie réformatrice. Il lutte pour le suffrage universel, combat l'antisémitisme et défend une politique de réconciliation nationale, exprimée dans le programme des nationalités de Brünner (1899) et dans ses efforts de compromis lors de la discussion de la loi électorale de 1906. L'ancien notable national allemand, le chef du parti marxiste autrichien, se mue ainsi progressivement en homme d'État. La social-démocratie allemande est également influencée de manière durable par A. qui conserve des liens étroits avec Bebel et Kautsky et défend avec eux la ligne révisionniste à l'intérieur du mouvement socialiste et ouvrier international. A. assume une position de direction au sein de la Seconde Internationale, y compris après le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Partisan déterminé de la Grande Allemagne, il s'efforce par tous les moyens de défendre l'édifice menacé de la monarchie austro-hongroise. Aussi, en novembre 1918, lors de l'effondrement militaire et politique de l'Empire, prend-il position en faveur de la création d'un Etat fédéral et démocratique reposant sur les nationalités. Il apparaît ainsi comme l'un des principaux protagonistes de l'évolution politique intérieure de la Cisleithanie et influence notablement, sur le plan des idées, la réflexion d'Otto Bauer et de Karl Renner sur la question nationale. Défenseur du principe de l'égalité entre les nationalités, il s'efforça de mettre en oeuvre une réforme de l'Empire lorsqu'il était encore temps. A ce titre, il demeure dans l'histoire, par-delà même la chute de la monarchie danubienne et l'échec de son programme politique, comme une figure symbolique de l'ancienne Autriche-Hongrie.
Liens utiles
- Victor Hugo – homme politique
- ROUHER, Eugène (1814-1888)Homme politique, il est nommé deux fois ministre de la Justice de 1849 à 1852.
- SCH?LCHER, Victor (21 juillet 1804-26 décembre 1893) Homme politique
- DELCASSE, Théophile (1852-1923)Homme politique, il est élu député radical dès 1889 et occupe plusieurs fois le ministère des Affaires étrangères de 1898 à 1905.
- MIRABEAU, Honoré Riquetti, comte de (1er mars 1749-2 avril 1791) Homme politique Son père, Victor Riqueti, économiste, n'aime guère ce fils qui est aussi laid qu'insolent.