Abdul Harnid II (Istanbul 1842-Constantinople 1918) ; sultan de l'Empire ottoman [1876-1909].
Abdul Harnid II (Istanbul 1842-Constantinople 1918) ; sultan de l'Empire ottoman [1876-1909]. Né le 21 septembre 1842, il est le fils du sultan Abdul Medjid Ier [1839-1861]. Son frère aîné, que des cercles réformateurs avaient élevé sur le trône sous le nom de Mourad V, ayant été déchu, A. lui succède le 31 août 1876. Il encourage tout d'abord des réformes et promulgue le 23 décembre 1876 la première Constitution de l'Empire ottoman élaborée par le grand vizir Midhat Pacha. Il se détourne cependant très rapidement de la voie des réformes et règne en despote, sans Constitution, à l'imitation de ses prédécesseurs ; il écrase le mouvement libéral et est animé, à l'égard de son propre entourage, d'une profonde méfiance qui l'incite à mettre sur pied un système de censure et d'espionnage promis à une triste célébrité. La banqueroute de l'Empire ottoman (1875) avait causé un profond ébranlement dans l'Etat. La défaite militaire qui conclut la guerre russo-ottomane (1877-1878) accentue ses difficultés, atténuées en partie seulement par l'intervention des grandes puissances européennes au congrès de Berlin (juin-juill. 1878) : si la Russie doit limiter ses ambitions, l'Empire ottoman est contraint de reconnaître l'indépendance complète de la Serbie, du Monténégro et de la Roumanie, d'accorder l'autonomie à la Bulgarie et à la Roumélie, de céder à la Grèce la Thessalie et l'Épire, à l'Autriche-Hongrie la Bosnie-Herzégovine (sous protectorat), et à la Russie Kars, Batoum et la Bessarabie. A. doit encore accepter l'occupation de la Tunisie par la France (1881) et de l'Egypte par l'Angleterre (1882). Une nouvelle guerre gréco-turque (1896-1897), provoquée par l'insurrection de la Crète, conduit à placer l'île sous protectorat international et sous suzeraineté ottomane, prélude à son annexion à la Grèce (1908). Le règne d'A. marque ainsi (même s'il parvient à stabiliser l'Etat et à prévenir de nouvelles pertes territoriales) l'effondrement de l'Em-pire ottoman dans les Balkans et en Afrique. A l'intérieur de l'Empire émerge dans les mêmes années une élite cultivée, aspirant à la modernité, pour laquelle le mode de gouvernement tyrannique du sultan est devenu insupportable. Dans certains cercles de l'armée s'implante en particulier le mouvement nationaliste des Jeunes Turcs, dont le centre est à Salonique. A. doit finalement céder aux pressions des militaires. Le 24 juillet 1908, la Constitution de 1876 est remise en vigueur ; le premier Parlement ottoman se réunit en décembre 1908. L'annexion complète de la Bosnie-Herzégovine par l'Empire austro-hongrois (6 oct. 1908) ainsi que les velléités de restauration du pouvoir absolu du sultan entraînent le soulèvement de l'armée de Macédoine : 30 000 hommes conduits par Mahmoud Chevket .marchent sur Constantinople et déposent A. au profit de son jeune frère Mehmet V (26 avr. 1909). Assigné à résidence forcée, A. s'éteint à Constantinople le 10 février 1918.
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