Databac

Bolingbroke, Henry Saint John, vicomte de

Bolingbroke, Henry Saint John, vicomte de (Londres 1678 - Battersea 1751) ; homme politique et philosophe anglais. Après une jeunesse mouvementée, marquée d'excès et d'extravagances, B. entre à la Chambre des communes en 1700 et joue dès lors un rôle déterminant dans la politique du parti tory. Après avoir occupé de 1704 à 1708 un poste de secrétaire à la Guerre, d'où d'étroites relations avec Marlborough, il devient en 1710 membre du Conseil privé et secrétaire aux Affaires étrangères. A ce poste, il mène les pourparlers de 1711 à 1713 qui permettent à l'Angleterre d'aboutir - en abandonnant l'Empereur - à une paix avec la France (la paix d'Utrecht, 1713), et est créé pair avec le titre de vicomte de Bolingbroke. Depuis son entrée en fonctions, B. est bien conscient que le gouvernement tory ne peut espérer durer, après la mort de la reine Anne, que s'il parvient à assurer au prétendant Stuart, Jacques III, la succession au trône. Dans ce but, il n'a négligé aucun moyen de renforcer son parti, en faisant procéder à des créations de pairs à la Chambre haute et en refoulant l'influence whig à la Chambre basse. Ayant succédé à Harley à la tête du gouvernement, il prépare, après la mort de la reine, un coup d'Etat qui échoue en raison de la rapidité avec laquelle le Conseil privé, resté en dehors de son influence, proclame la succession au trône de la maison de Hanovre. B. est destitué et s'enfuit à Paris pour offrir ses services à Jacques qui y est installé. Mais bientôt il cesse de s'entendre avec le prétendant. Il se consacre alors pour un temps à son penchant pour la philosophie ; on trouve dans ses écrits la marque de l'influence du moralisme stoïcien qu'il connaît à travers Shaftesbury. Ami de Pope, de Swift et de Voltaire, il est un précurseur du déisme philosophique. Gracié en 1723, il rentre alors en Angleterre et cherche à se rapprocher de Walpole, mais sans succès. Si bien qu'à partir de 1726, il attaque le Premier ministre whig dans des articles violents, le plus souvent anonymes, et se met à la tête de l'opposition qui finalement réussira à faire tomber Walpole en 1742. Bibliographie : P. Baratier, Lord Boling-broke. Ses écrits politiques, 1939.

Liens utiles