YUE-TCHE
Peuple indo-européen, connu également sous les noms de Tokhares et d'Indo-Scythes. On rencontre pour la première fois les Yue-tche au début du IIe s. avant notre ère, dans le Kan-sou occidental (nord-ouest de la Chine). En 165, ils furent battus complètement par le roi Hiong-nou Lao-chang, qui tua leur roi. Les Yue-tche refluèrent alors vers l'ouest, en bousculant les Sakas, qui, à leur tour, se mirent en mouvement vers les confins de l'Inde. Sakas et Yue-tche détruisirent les royaumes grecs établis depuis la conquête d'Alexandre en Sogdiane et en Bactriane. Envoyé auprès d'eux, vers 138/126 av. J.-C., pour rechercher leur alliance contre les Hiong-nou, l'ambassadeur de la Chine des Han, Tchang K'ien, trouva les Yue-tche installés en Bactriane et au N. de l'Amou-Daria (N. de l'Afghanistan et Tadjikistan actuels). Vers la fin du Ier s. av. J.-C., les cinq tribus des Yue-tche furent réunies sous l'autorité du chef du clan des Kouchans, Kujula Kadphises, et au cours du Ier s. de notre ère, les Yue-tche s'installèrent dans le Kaboul et commencèrent la conquête de l'Inde du Nord-Ouest. Le royaume kouchan atteignit son apogée au début du IIe s. de notre ère ; il englobait alors toute l'Inde du Nord et s'étendait en Inde centrale au moins jusqu'à Bénarès. Son plus grand souverain fut Kanishka (v.), dont les dates sont extrêmement controversées. Les Yue-tche s'ouvrirent largement aux influences grecques et indiennes et se firent les protecteurs du bouddhisme. Ils entretinrent toujours de bonnes relations avec la Chine des Han (sauf vers 88/90 de notre ère, lorsque leur tentative d'intervention dans le Tarim fut repoussée par le général chinois Pantch'ao), et c'est par leur intermédiaire que le bouddhisme commença, au Ier s. de notre ère, sa pénétration en Chine. Le royaume kouchan déclina progressivement vers la fin du IIe s., et les Yue-tche disparurent complètement de l'Histoire après l'invasion des Hephthalites, au milieu du Ve s.