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WRANGEL

Famille originaire du Danemark (ou, selon certains, de la Basse-Saxe) et dont les diverses branches s'épanouirent en Allemagne, en Suède et dans les provinces baltes de l'Empire russe. Elle a été illustrée principalement par : Karl Gustaf von Wrangel, comte de Salmis et de Sölvesborg (* près d'Uppsala, 23.XII. 1613, † Spyker, Rügen, 24.VI.1676). Feld-maréchal suédois. Fils d'un compagnon du roi Gustave-Adolphe, il se distingua d'abord comme officier de cavalerie, avant de remporter sur les Danois la grande victoire navale de Fehmarn (23 oct. 1644). Successeur de Torstensson à la tête de l'armée suédoise en Allemagne durant la guerre de Trente Ans (1646), il envahit avec Turenne la Bavière et le Wurtemberg (1647) et remporta la victoire de Zusmarshausen (17 mai 1648). Il prit part à la guerre en Pologne et au siège de Varsovie, puis envahit le Danemark (1657/58). Amiral (1657), feld-maréchal (1664) et membre du Conseil de régence durant la minorité de Charles XI, il fut chargé encore de la guerre contre le Brandebourg (1674/75) mais relevé de son commandement après que son frère, Woldemar, eut été battu par le Grand Électeur à Fehrbellin. Voir FRÉDÉRIC-GUILLAUME, dit le Grand Électeur. Piotr Nikolaïevitch, baron Wrangel (* Saint-Pétersbourg, 27.VIII.1878, † Bruxelles, 25.IV.1928). Général russe. Officier de la garde impériale, puis commandant d'une division de Cosaques durant la Première Guerre mondiale, il se rallia sans hésiter aux forces antibolcheviques de Kaledine, puis de Denikine. Principal adjoint de ce dernier, il s'empara de Tsaritsyne (1919). Denikine, se retirant, découragé par les divisions des forces blanches, le désigna comme son successeur (4 avr. 1920). Bénéficiant du soutien de la France (mais non de l'Angleterre), il réussit à rassembler en Crimée les forces dont il disposait et remporta, en mai-juin 1920, une série de victoires contre les bolcheviks dans le sud de la Russie. Le gouvernement qu'il avait formé fut reconnu de facto par la France. Mais après la fin de la guerre polono-soviétique (sept. 1920), les bolcheviks réussirent à forcer l'isthme de Perekop, puis s'emparèrent de Sébastopol (nov.). Wrangel parvint à évacuer, avec 126 bateaux, plus de 130 000 réfugiés, qui furent dispersés en Turquie, en Grèce, en Yougoslavie, en Bulgarie, en Roumanie.

Wrangel, Petr Nikolaïevitch (Saint-Pétersbourg 1878 - Bruxelles 1928) ; officier russe. Issu d’une grande famille de la noblesse balte, il entre à l’Académie de l’état-major et devient en 1904 officier supérieur de la garde impériale, puis aide de camp du tsar. Colonel en 1917 et monarchiste convaincu, il se range aux côtés de Denikine et obtient un poste de commandement en janvier 1919 sur le front de la Volga. Devenu chef des armées blanches après le retrait de Denikine, il met en place en avril 1920 un gouvernement soutenu par la France. Entreprenant une offensive à partir de la mer Noire, tentant de coordonner ses efforts avec la Pologne, il s’avance dans la région du Don durant l’été 1920. Repoussé à partir de l’automne après une offensive de l’Armée rouge, il bat en retraite jusqu’en Crimée où les débris de son armée sont évacués en novembre. W. se réfugie en Yougoslavie et poursuit la lutte contre le régime soviétique jusqu’en 1925. Il meurt en exil en Belgique.

Bibliographie : E. H. Carr, La Révolution bolchevique, 1917-1923, (trad.), 1969-1974; H. Carrère d’Encausse, « La guerre civile et les gouvernements nationaux», dans L'Union soviétique de Lénine à Staline, 1917-1953, 1977, p. 96-109 ; L. Schapiro, Les Bolcheviks et l’opposition. Origines de l’absolutisme communiste, 1917-1922, 2e éd., 1986.

WRANGEL ou VRANGEL, Petr Niko-laïévitch, baron (Novo-Aleksandrovsk, 1878-Bruxelles, 1928) Général russe. Il commanda après Denikine l'Armée blanche d'Ukraine contre les bolcheviks. Après s'être illustré à la tête d'une division de Cosaques pendant la Première Guerre mondiale, il se réfugia en Crimée après la révolution d'Octobre 1917. Rallié à Denikine, il lui succéda à la tête de l'armée de volontaires et organisa un gouvernement éphémère reconnu par France en 1920. Contraint de se retirer en Crimée face à la contre-offensive de l'armée Rouge, Wrangel réussit néanmoins, soutenu par les Alliés, à évacuer ses troupes à Gallipoli puis en Yougoslavie. Il s'exila en Belgique. Voir Koltchak (Aleksandr), Révolutions russes de 1917, Trotski (Léon).

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