Windischgrätz, Alfred, prince de (Bruxelles 1787-Vienne 1862); maréchal autrichien.
Windischgrätz, Alfred, prince de (Bruxelles 1787-Vienne 1862); maréchal autrichien. Réactionnaire dur et pur, W. connaît son heure de gloire entre juin 1848 et avril 1849 où il incarne ce qui existe de détermination et d'énergie dans la grande noblesse autrichienne. Originaire de Styrie, officier de lanciers à dix-sept ans, il participe aux guerres de libération contre Napoléon. Son mariage avec Éléonore, princesse Schwar-zenberg, le lie intimement à la haute noblesse de Bohême, qu'il surpasse encore en ultraconservatisme. En 1833, il est général de corps d'armée, en 1840 gouverneur militaire de Bohême où le surprennent les mouvements de 1848. Dans la démission de Mettemich après les émeutes de mars, W. voit une tache honteuse sur l'histoire autrichienne et est convaincu d'être destiné par la Providence à sauver l'Empire des Habsbourg. « Si ce n'est par la grâce de Dieu, que ce soit par celle du canon » : ainsi entend-il défendre la légitimité impériale. Sa répression sanglante de la révolution à Prague et la dispersion du congrès slave en juin 1848 marquent le début du renforcement de la monarchie. La cour, réfugiée à Olmütz, lui confère secrètement en octobre le commandement général de toutes les forces armées hors d'Italie et le titre de maréchal, et lui délègue les pleins pouvoirs. Le 31 octobre, le maréchal entre après des combats acharnés dans Vienne en révolte et procède à une répression énergique. W. obtient de l'impératrice la nomination de son beau-frère, le prince Félix von Schwarzenberg comme Premier ministre. Ensemble, ils provoquent l'abdication de l'empereur Ferdinand et l'accession au trône, le 2 décembre, de François-Joseph Ier. W. prend alors le commandement général de la lutte contre la Hongrie soulevée, s'empare de Budapest au début de 1849 et repousse l'armée magyare derrière la Tisza, sans remporter de succès militaire décisif. Alors que Schwarzenberg veut mettre fin au particularisme hongrois et au pouvoir de la noblesse magyare, W., dont les idées sont légitimistes et fédéralistes, recherche un accord avec celle-ci, sur la base des prérogatives de la noblesse et des libertés régionales. Schwarzenberg arrache du coup à François-Joseph le rappel du maréchal en avril 1849. Après son indiscutable contribution au maintien de la dynastie, W. accueille cette décision avec déception mais avec loyauté et se retire en Bohême. En 1859, il devient gouverneur de la forteresse de Mayence. Sans aucun doute, W. n' avait d'utilité que comme chef de la contre-révolution, à un moment de crise ; mais sa personnalité interdisait d'en faire l'agent d'une politique positive à long terme. La monarchie n'avait dès lors plus son emploi.
Liens utiles
- NEY, Michel, duc d'Elchingen, prince de la Moskova(10 janvier 1769-7 décembre 1815)Maréchal d'EmpireEngagé dans l'armée à dix-neuf ans, ce fils de tonnelier est capitaine en1794, général de brigade en 1796 et général de division en 1799.
- Joseph, prince Poniatowski1763-1813Commandant en chef de l'armée du grand-duché de Varsovie, maréchal de France.
- Louise-Marie-Amélie de Belgique1858-1924Fille aînée du roi Léopold II, mariée à dix-sept ans au prince Philippe de Saxe-CobourgGotha, et mère de deux enfants, provoqua un scandale par ses amours avec un officierautrichien, Mattachich Keglevitch, rencontré à Vienne.
- Alexandre Borodine1833-1887Fils naturel du prince Gedeanow, médecin et chimiste, il reçut en musique les conseils deBalakirev et adhéra au groupe des Cinq dès sa création (1862) ; grand voyageur, il fut enAllemagne, comme tant d'autres, encouragé par Liszt.
- Otto Neurath1882-1945Philosophe et sociologue autrichien, Neurath fut l'un des membres les plus éminents duCercle de Vienne, dont il exprima les thèses fondamentales dans Einheitswissenschaft undPsychologie (1933).