Wibald (mort en 1158) ; abbé de Stavelot et Corvey.
Wibald (mort en 1158) ; abbé de Stavelot et Corvey. La précieuse correspondance de W. ne concerne que les douze dernières années de sa vie, mais elle éclaire l'ensemble de la période qui va du concordat de Worms au schisme alexandrin de 1159. Issu d'une famille serve de Stavelot, à l'exception de courtes années d'études à Liège et à Waul-sort, il passe les années 1098 à 1130 à proximité ou dans son monastère natal. L'étude (il apprécie Rupert de Deutz et Hugues de Saint-Victor) lui permet moins fréquemment de s'évader depuis qu'il est notaire de la chancellerie impériale et, plus encore, chargé, du fait de ses fonctions d'abbé de Stavelot (depuis 1130) et de Corvey (depuis 1146), de la réforme économique et spirituelle de deux des plus importants monastères de l'Empire et du service à la cour, qui les accompagne. Exigeant davantage que ses obligations normales, Lothaire III, Conrad III et Frédéric Ier recourent à l'aide de W. au sein du Conseil, au moment des guerres (croisade des Wendes, 1147 ; première campagne italienne de Frédéric Ier) et pour l'administration de l'Empire (1147-1149), mais surtout pour conduire des missions diplomatiques, parmi lesquelles de nombreux voyages à la Curie et deux autres à Constantinople. W. est animé par la conviction que Rome, l'Empire et Byzance devraient s'unir contre des ennemis extérieurs, par exemple contre les Normands, au lieu de se consumer dans des schismes. On lui tint précisément rigueur de ses qualités de diplomate, de l'ouverture d'esprit, qu'il tient de sa vaste culture, à l'égard des mentalités étrangères, de sa tendance aux compromis, de son art des formulations raffinées, et encore de son autosatisfaction.
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