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WALTHER VON DER VOGELWEIDE

WALTHER VON DER VOGELWEIDE. Poète allemand. Né à Wipthal, dans le Tyrol, vers 1170, mort vers 1230. Il est curieux que le plus célèbre des « minnesinger » ait laissé si peu de traces dans les écrits de ses contemporains, ses propres poèmes constituant encore notre plus abondante source d’informations à son sujet. Son lieu de naissance doit être situé non loin de la petite ville de Storzing, où se trouve un lieu nommé Hintervogelweide. Tous les « minnesinger » donnent à Walther le titre de « hêr » qui atteste ses origines nobiliaires; il est probable que son père était un officier au service de quelque puissant seigneur. A la fin du XIIe siècle, le Tyrol apparaît comme une pépinière de « minnesinger », la cour de Vienne, relativement proche, étant devenue sous le règne du duc Frédéric Ier un des grands centres artistiques de l’Allemagne. C’est là que Walther fît son apprentissage de poète et de chanteur, sous la direction de Reinmar de Haguenau, dont il devait faire plus tard l’oraison funèbre dans deux de ses plus beaux poèmes. Le connaisseur qu’était le duc Frédéric sut l’apprécier dès ses débuts, mais à la mort du souverain commença pour Walther von der Vogelweide l’existence hasardeuse et assez misérable de poète ambulant. Pendant des années, il pérégrina à travers toute l’Europe centrale, de la Haute Italie à la Baltique, de la Hongrie à la Lorraine, se liant avec de nombreux princes tels que le duc de Carinthie, le duc de Bavière, le margrave Dietrich de Meissen, à la merci de la charité de ses hôtes, souvent payé de quelques louanges et rien de plus, parfois même expulsé comme un valet, car sa verve sarcastique ne manquait pas de lui faire des ennemis. En embrassant la cause des empereurs contre la papauté, Walther von der Vogelweide allait trouver un sujet à sa mesure. En 1197, il se mit au service du prétendant Philippe de Souabe et mena pour lui, en poèmes, une ardente campagne électorale contre le parti guelfe; c’est un peu comme à un triomphe personnel qu’il assista au couronnement de Philippe, qui eut lieu à Mayence le 18 septembre 1198. Après avoir fait une apparition à la cour tenue à Magdebourg à la Noël 1199 par le nouvel empereur, Walther reprit sa course; on le signale à Vienne pour la Pentecôte 1203; en novembre de la même année, il voyage en compagnie de l’évêque de Passau, Wolfger von Ellenbrechtskirchen; en 1204, il est l’hôte à Eisenach du landgrave Hermann de Thuringe dont la générosité lui laissera longtemps un souvenir ébloui. Mais voici que le combat patriotique l’appelle à nouveau : Philippe étant mort, Walther entre en lice pour la cause de l’empereur Othon en lutte contre le pape Innocent III, qui soutenait Friedrich de Hohenstaufen; pourtant, lorsqu’il deviendra évident que Friedrich seul incarne l’avenir impérial, Walther se rangera à ses côtés et en sera récompensé par l’attribution d’un petit fief en Franconie, où il prit pendant quelques années un repos bien gagné. Dès 1217 cependant, il est de retour à Vienne et va apporter le renfort de son éloquence à la croisade entreprise par Frédéric II. Un de ses chants, qui célèbre l’émotion des pèlerins apercevant pour la première fois la Terre Sainte, semblerait indiquer que Walther prit personnellement part au lointain voyage de 1228, à la suite de l'Empereur. Il est plus probable que, parti en effet avec les croisés, il n’alla pas au-delà de son Tyrol natal. Il est certain en tout cas qu’il mourut en Allemagne et fut enterré dans le cloître de la cathédrale de Wurzbourg. En partie parce qu’il fut le défenseur infatigable des droits de sa patrie contre les prétentions de la papauté (ce qui ne l’empêchait pas d’être fort religieux), Walther von der Vogelweide a conquis une place à part dans les groupes des « minnesinger ». Dépassant les limites superficielles de la courtoisie, il a été le premier chantre national de l ’Allemagne. Pourtant, s’il reste un témoin hors de pair de la mentalité de son époque et s’il a su donner souvent à sa veine politique une expression passionnée, comme dans son Chant en l’honneur des femmes allemandes, il se montre encore supérieur, au point de vue littéraire, dans ses vers d’amour — Poésies.

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