Wallenstein, Albrecht von Waldstein, dit (Hermanitz, Bohême, 1583-Eger 1634); duc de Friedland, homme de guerre au service des Habsbourg.
Wallenstein, Albrecht von Waldstein, dit (Hermanitz, Bohême, 1583-Eger 1634); duc de Friedland, homme de guerre au service des Habsbourg. Général en chef des troupes impériales pendant la guerre de Trente Ans, W. est une des figures les plus fascinantes et les plus contradictoires de l'histoire. La famille de W. fait partie de la vieille noblesse de Bohême. Elevé dans la religion protestante, ce n'est qu'en 1606 (?), deux ans après son entrée au service des Habsbourg, que W., indifférent en matière de religion, se convertit au catholicisme. Un sens des réalités prosaïque et une froide appréciation de ses capacités font tout autant partie de son personnage que la croyance à l'astrologie et, à l'occasion, la fuite dans un monde onirique, éloigné du réel. Capable de décisions rapides, il est en même temps prédisposé au rêve ; des agissements témoignant d'une dureté cruelle et d'un manque égoïste de conscience côtoient des preuves de bonté humaine. Maître de lui, il sait dissimuler ses pensées et ses sentiments, mais, en période d'excitation, il se laisse souvent entraîner dans des actions irréfléchies. Sa valeur militaire et son ambition politique sont indiscutables. En 1618, resté fidèle à l'Empereur, il recrute pour la première fois des troupes par ses propres moyens, combat Gabriel Bethlen en Moravie, mais ne participe pas à la bataille de la Montagne Blanche (1620). Ferdinand II le récompense de sa fidélité en lui octroyant de vastes propriétés confisquées aux rebelles. W. se constitue alors, en Bohême septentrionale, un territoire d'un seul tenant, le duché de Friedland, que Ferdinand II érige en principauté en 1623. W. dispose ainsi d'une base solide pour ses entreprises ultérieures. La guerre ayant repris, W. offre à l'Empereur de lever une armée entière (1625). Il se trouve bientôt à la tête d'une armée de quarante mille hommes dont la solde et l'entretien sont assurés par un système de contributions encore inédit : les contrées occupées par ses soldats doivent subvenir aux besoins de ceux-ci en argent, en cantonnement et en ravitaillement. Un ensemble de magasins, soigneusement mis au point dans sa propre principauté de Friedland, a pour tâche de constituer des réserves en vivres pour les temps de pénurie. En 1626, W. triomphe de Mansfeld, général des armées protestantes, près de Dessau. En 1627, il boute Christian IV de Danemark et ses troupes hors d'Allemagne et le poursuit jusque dans le Jutland. En 1628, l'Empereur lui donne en fief le duché de Mecklembourg ainsi que la principauté de Sagan, et le nomme « général de la mer Océane et Baltique ». En 1630, sous la pression des princes-électeurs réunis à Ratisbonne, Ferdinand II doit renvoyer W., qui lui a pourtant permis l'instauration d'un absolutisme impérial dans l'Empire. Lorsqu'on 1632, après l'entrée en guerre des Suédois, il est contraint de le rappeler à son service, l'Empereur confie son unique armée à un homme atteint dans sa fierté, qui a ressenti son précédent renvoi comme une profonde humiliation. W. tente alors d'utiliser les pleins pouvoirs qui lui sont confiés pour mettre en oeuvre une politique personnelle. Ses relations étroites avec des émigrants tchèques témoignent de sa volonté de rétablir les libertés traditionnelles en Bohême. En revanche, on discute toujours pour savoir s'il a aspiré lui-même à la couronne royale de Bohême, voire s'il a souhaité renverser l'Empereur. Les avis divergent également sur ses différentes motivations. Tantôt, on a rendu hommage à l'idéalisme de W., dont les buts auraient dépassé l'ambition personnelle et visé avant tout à offrir à l'Empire cette paix si longtemps désirée. Tantôt, on l'a condamné comme s'il s'agissait d'un psychopathe épris de pouvoir, auquel n'auraient manqué que le courage et la résolution pour réaliser ses plans égoïstes et démesurés. Depuis l'échec de la bataille de Lützen (nov. 1632), W. mène des tractations avec la Suède, le Brandenbourg, la Saxe, la France. En 1634, dans des circonstances troubles, il exige de ses officiers la promesse d'une fidélité inconditionnelle : c'est le « revers de Pilsen ». Pourtant, lorsque sa destitution et sa condamnation pour haute trahison sont connues, la plupart de ses généraux le quittent. W. se retire alors avec ses derniers fidèles à Eger, pour de là se joindre aux Suédois. Prétextant n'être que les exécutants d'une sentence de mort impériale, des officiers restés fidèles à l'Empereur assassinent W. et ses partisans le 25 février 1634. W. est le dernier grand « entrepreneur de guerre » au service des Habsbourg, c'est-à-dire un général qui, avec ses propres troupes, se met à la disposition d'un souverain. Mais il est aussi à l'origine de l'armée autrichienne moderne et du système de contributions et de magasins militaires qui domine la conduite de la guerre jusqu'à la Révolution française. Bibliographie : G. Parker, La Guerre de Trente Ans, 1987 ; V.L. Tapié, La Guerre de Trente Ans, 1989.
WALLENSTEIN ou VALDSTEIN, Albrecht von, duc de Friedland (Hermanic, 1583-Eger, auj. Cheb, 1634). Homme de guerre allemand. Personnalité complexe, condottiere de Ferdinand II de Habsbourg, il joua un rôle de premier plan lors de la guerre de Trente Ans. Noble tchèque de famille protestante, il se convertit au catholicisme et prit, malgré ses origines, le parti des Habsbourg dans la révolte de Bohême. Un premier mariage lui ayant laissé une immense fortune, il offrit à Ferdinand II une armée recrutée à ses propres frais. Pour avoir combattu contre le prince protestant Gabriel Bethlen, Ferdinand II le récompensa en lui offrant d'immenses domaines confisqués à des nobles protestants au nord de la Bohême. Prince d'Empire en 1623 puis duc de Friedland (1624), il entreprit la conquête de l'Allemagne du Nord, refoulant Christian IV de Danemark venu au secours des protestants en lui imposant le traité de Lübeck (1629). Considéré comme le sauveur des Habsbourg, Ferdinand II lui céda une principauté en Silésie avec le titre d'amiral de la mer Océane et Baltique. Cette ascension sans précédent d'un modeste seigneur tchèque suscita la jalousie des princes de la Ligue catholique et Ferdinand le renvoya. Les victoires de Gustave II Adolphe de Suède le contraignirent cependant à le rappeler et à accepter ses conditions exorbitantes. Après sa défaite de Lützen (1632), Wallenstein entama des négociations avec l'ennemi pour des raisons encore non élucidées, soit pour s'opposer à la politique de l'empereur, soit pour obtenir la couronne de Bohême. Accusé de haute trahison, il fut assassiné sur ordre de Ferdinand II. Schiller a fait de lui le héros de sa trilogie dramatique : Wallenstein (1798).
Liens utiles
- Étienne François Choiseul Stainville1719-1785Comte de Stainville, puis duc de Choiseul, il est le fils de François Joseph Choiseul, diplomateet homme d'État français au service du duc de Lorraine, et de Françoise Louise deBassompierre.
- Jean II le Bon1319-1364Fils de Philippe VI, qui le fit duc de Normandie en 1333, chevaleresque comme son père,mais aussi peu homme de guerre que lui.
- BAYARD, Pierre Terrail, seigneur de (vers 1475-30 avril 1524) Homme de guerre C'est à la bataille de Fornoue, auprès de Charles VIIIF076, que se distingue celui qui n'est encore qu'un page du duc de Savoie.
- GUISE, François Ier de Lorraine, 2e duc de (17 février 1519-24 février 1563) Homme de guerre C'est à une blessure reçue lors du siège de Boulogne en 1545, qu'il doit d'être surnommé le Balafré.
- Gyula von Gombös1886-1936Officier de l'armée austro-hongroise, c'est un " homme nouveau " hostile aux communistes (illutte contre Béla Kun en 1919) comme aux Habsbourg (il s'oppose aux tentatives faites parCharles, en 1921, pour remonter sur le trône).