VLADIMIR saint, VLADIMIR Ier Sviatoslavitch
Grand-prince de Kiev (980/1015). Son frère aîné Iaropolk ayant réuni entre ses mains tout l'héritage de leur père Sviatoslav, Vladimir, avec l'appui des Scandinaves, s'empara de Kiev et fit exécuter Iaropolk (980). Seul maître de la Russie kiévienne, Vladimir étendit son autorité en Galicie et en Russie Blanche (981/83), puis aida les Bulgares du Danube contre Byzance (985/86). Mais après avoir épousé Anne, la soeur de l'empereur byzantin Basile II, Vladimir se convertit au christianisme vers 988 et ouvrit la Russie aux influences byzantines, y compris par la force. Vladimir est considéré comme le fondateur de la « sainte Russie ».
Vladimir le Saint (v. 956-1015) ; prince de Kiev [980-1015]. Fils du prince Sviatoslav, V. s’impose, après la mort de son père, en évinçant son frère Iaropolk avec l’aide de mercenaires suédois recrutés lors de son exil en Scandinavie (980). Son règne, à commencer par le plus grand événement de celui-ci, la conversion du prince puis des habitants de Kiev au christianisme, est entouré de légendes, développées non sans arrière-pensées. Les dix premières années de son règne se passent, comme celui de son père, en campagnes militaires ininterrompues et toujours victorieuses ; moins spectaculaires, elles assurent cependant la sécurité de la principauté. V. progresse vers le sud-ouest de l’avant-pays des Carpates et en 981, conquiert contre les Polonais les villes dites tchervéniennes (Galicie, du nom de la place forte de Galitch), une région qui devait rester pendant près de mille ans disputée entre Russie et Pologne. On peut également, avec quelque prudence, considérer ses campagnes contre la tribu prussienne des Jatwing (983) comme le prélude à l’un des buts les plus importants poursuivis des princes de Kiev puis de Moscou : la marche vers la Baltique. A l’intérieur du pays, il soumet définitivement les dernières tribus indépendantes et rebelles (les Viatitches en 981-982, les Radimitches en 984). C’est précisément la conjonction de l’état intérieur de la principauté, mosaïque de tribus slaves, dominées par des Varègues appuyés sur une nouvelle introduction de Suédois païens, et de sa politique extérieure, confrontée à Byzance, qui permet d’entrevoir l’arrière-plan de la conversion de V. ; après l’intermède chrétien sous Olga, elle intègre la principauté au « Commonwealth » byzantin. Une critique serrée des sources a récemment permis à V. Vodoff d’en proposer une nouvelle lecture. En 980, V. institue un culte païen officiel, dont le panthéon est dominé par la statue de Peroun, dieu de la foudre (statue en bois, tête en argent, moustache en or). Peroun est peut-être l’équivalent du Thor Scandinave ; en tout cas, avec Volos, dieu du bétail, il semble constituer un couple de divinités, l’une pour la guerre, l’autre pour le commerce. La conversion de V. au christianisme serait de 987-988, celle des Kiéviens de 988. Elle est la conséquence logique d’une volonté de politique intérieure, mais aussi d’une alliance avec Byzance, renforcée par le mariage de V. avec la princesse Anne, soeur du basileus Basile II, dont V. reprend le nom lors de son baptême (Vassili/Basile). Basile, aux abois, fait appel à V. contre l’usurpateur Bardas Phocas, comme Nicéphore Phocas avait appelé son père à la rescousse. Un contingent de troupes varéguo-slaves prend une part décisive à la victoire de Basile à Chrysopolis (989). La prise de Cherson en Crimée, la même année, ne serait pas une manoeuvre d’intimidation de V. contre Byzance, mais une opération de nettoyage, encore menée au profit de Basile. La christianisation, lente à pénétrer dans le peuple et disposant manifestement d’assez peu de moyens, ne pouvait être le fait que de Byzance : la légende montrant V. écoutant successivement les arguments de « missionnaires » musulmans, juifs, latins et grecs, insiste trop sur le temps mis par V. à la réflexion, pour ne pas être orientée vers la glorification de son pouvoir souverain. V. fait aussitôt édifier une première église en bois à Kiev, Saint-Basile, ensuite remplacée par une église de pierre, Notre-Dame. A sa mort, ses fils se déchirent (1015-1036) et seule Kiev est christianisée. Quoi qu’il en soit de la véracité de l’épisode où l’on voit V. revenir aux coutumes slaves (amende de composition) après avoir introduit les pénalités byzantines (exécution) dans la lutte contre le brigandage, et quelles que soient les explications plus tard proposées (clémence du prince, besoin d’argent), elles traduisent bien le caractère diffus et contenu de l’influence byzantine.
Bibliographie : V. Vodoff, Naissance de la Chrétienté russe, 1988.
Liens utiles
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