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VLADIMIR II Monomaque

Grand-prince de Kiev (1113/25). Arrière-petit-fils de st Vladimir, il grandit au milieu des luttes dynastiques qui suivirent la mort de son grand-père Iaroslav. Ayant réussi un instant à réconcilier tous ses parents au nom de la lutte contre les Polovtsy, il remporta une grande victoire sur ces derniers, et, sous la pression du peuple de Kiev, Vladimir, qui régnait sur Tchernigov depuis 1093, fut choisi, en dépit de toutes les règles de succession, comme grand-prince de Kiev (1113). Âgé alors de soixante ans, il déploya cependant une remarquable énergie, restaura l'unité de la Russie kiévienne et laissa le souvenir non seulement d'un grand guerrier, mais d'un prince qui sut faire preuve d'intelligence dans la gestion des affaires politiques.

Vladimir Monomaque (1053-1125); prince de Kiev [1113-1125].

Petit-fils de Jaroslav le Sage et, par sa mère, de l’empereur Constantin IX Monomaque qui lui lègue son surnom, V. occupe déjà une position dominante dans la politique intérieure et extérieure de Kiev, en qualité de prince de Péréïaslavets (depuis 1093), lorsqu’il est porté à la tête de la principauté contre son cousin Sviatopolk. A une époque où le royaume de Kiev commence à se morceler politiquement, il est le dernier souverain qui réussisse à maintenir le territoire, à endiguer les querelles sanglantes au sein de la dynastie pour la possession des résidences princières, à lutter avec succès contre les Polovtsy (Coumans), nomades des steppes de Russie méridionale, qui depuis 1061 sont devenus un fléau permanent pour la Russie et qu’il a combattus avec Sviatopolk (1103, 1111). Cultivé, homme de guerre, V. a pu aussi incarner l’image idéale du « prince juste ». Il maintient de bonnes relations avec Byzance, mis à part un heurt en 1116 sur le Bas-Danube. Il poursuit la politique d’alliances matrimoniales de Jaroslav. Il épouse une fille du roi Harold d’Angleterre, marie son fils aîné à une fille du roi de Suède et une fille au roi de Hongrie. La légende selon laquelle l’empereur Constantin Monomaque lui aurait transmis les insignes impériaux romains, a plus tard joué un rôle considérable dans la prétention de ses successeurs à exercer un pouvoir autocratique sur toute la Russie. Dès les années 1140, la principauté de Kiev voit monter deux autres centres de pouvoir : au sud-ouest, des descendants de Jaroslav en Galicie ; à Rostov (puis Suzdal, puis Vladimir), une branche cadette issue de V., origine des princes de Moscovie.

Bibliographie : Fr. Dvomik, Les Slaves, trad. fr., 1970.

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