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VILNAVILNÈWILNOVILNIUS

VILNAVILNÈWILNOVILNIUS

Ville des confins, au carrefour de l’est et de l’ouest de l’Europe, Vilnius fut fondée au xive siècle par les Lituaniens qui en firent leur capitale. Les Juifs y furent appelés en raison de leurs compétences commerciales et artisanales.

Multiethnique, multiconfessionnelle et multiculturelle, Wilno pour les Polonais, Vilna pour les Russes et Vilnè pour les Juifs fut une ville cosmopolite, chaque communauté enrichissant le patrimoine de la cité en dépit d’une cohabitation guère harmonieuse.

Centre religieux juif prestigieux, grâce à une lignée de grands rabbins dont le gaon de Vilna opposé aux hassidim, elle fut surnommée la « Jérusalem de Lituanie ». Elle fut le bastion du socialisme juif, le bundisme, et une place forte du sionisme. Après avoir subi diverses dominations et occupations, Wilno devint, dans la république polonaise de l’entre-deux-guerres, un pôle intellectuel et culturel par l’essor de la langue et de la culture yiddish, ses écrivains, l’institut du Yivo, les réseaux scolaires, sa presse, les beaux-arts, peintres, théâtre, compositeurs, etc. Un grand nombre d’entre eux ont connu une renommée internationale.

Le génocide organisé par les nazis et leurs auxiliaires locaux a exterminé la quasi-totalité du judaïsme vilnois, c’est-à-dire 70 000 Juifs. 5 000 survivants, sur 600 000 habitants, s’efforcent à grand-peine de maintenir un judaïsme vivant dans un pays qui n’a pas encore digéré son passé.