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VILLÈLE Jean-Baptiste Guillaume Joseph, comte de

Homme politique français. Il fit fortune à l'île Bourbon (où il fut arrêté pendant la Terreur) et rentra en France en 1807. Il se rallia avec enthousiasme aux Bourbons en 1814 et fut élu député de la Haute-Garonne dans la Chambre introuvable, où il s'affirma chef des ultras (v.). Réélu en 1816, il fut appelé dans le cabinet du duc de Richelieu (1820), fut ministre des Finances en 1821 et président du Conseil en 1822. En 1823, après la dissolution de la Chambre, il parvint à retirer toute représentation aux libéraux (la « Chambre retrouvée »). Villèle fit ensuite voter la loi impopulaire d'indemnisation des royalistes spoliés, le « milliard des émigrés ». En 1827, il prit le risque de dissoudre la Chambre après l'échec d'une loi, dite « de justice et d'amour », visant à restreindre la liberté de la presse et qui rencontra l'opposition des pairs. Mis en minorité dans la nouvelle Chambre, il démissionna l'année suivante.


Villèle, Joseph de (Toulouse 1773-id. 1854) ; homme politique français.

Né en avril 1773, V. entre, en juillet 1788, dans la marine royale. Il sert dans les Antilles et dans les possessions françaises de l’océan Indien (comptoirs des Indes et Mascareignes). En 1793, il abandonne la marine et se retire à l’île Bourbon, où il est arrêté pendant la Terreur et relâché après le 9 Thermidor (juill. 1794). En 1799 il épouse la fille d’un grand propriétaire de l’île, Desbassins de Richemont, dont il gère les plantations. Ayant accumulé une belle fortune, il rentre en France en 1807. Il est élu maire de sa commune et membre du conseil général de la Haute-Garonne (1810). En 1814 il accueille avec joie le retour des Bourbons, mais se prononce contre le projet de Charte, en quoi il voyait une concession regrettable aux idées libérales (Observations sur le projet de Constitution). Maire de Toulouse en 1815, il se signale dans la Chambre introuvable, où il représente la Haute-Garonne, par ses opinions ultraroyalistes. Mais après la dissolution de cette chambre (5 sept. 1816) et l’élection d’une nouvelle assemblée où les constitutionnels sont majoritaires, V. est parmi les plus modérés de l’opposition de droite. Il combat la loi électorale de Lainé, la loi militaire de Gouvion-Saint-Cyr, repousse en 1818 les ouvertures que lui fait Decazes, mais entraîne son groupe, en décembre 1819, à sauver le ministère menacé d’une conjonction des oppositions de droite et de gauche. Il conserve cette attitude ferme mais prudente quand, après l’assassinat du duc de Berry, Richelieu est rappelé au pouvoir (févr. 1820). Après les élections de la fin de 1820, où la droite s’est renforcée, Richelieu doit accepter V. comme ministre d’État sans portefeuille. Mais V. refuse de se dissocier de son parti, réclame l’intérieur quand Richelieu lui offre la Marine (1821), et se retire du gouvernement après les élections d’octobre 1821 qui ont rendu la droite plus exigeante. Après la démission de Richelieu (12 déc. 1821), V. est ministre des Finances, avec les fonctions réelles de président du Conseil. Pendant deux ans, il a les mains libres, peut réprimer l’agitation libérale, faire adopter une loi restrictive sur la presse, réorganiser les finances. Partisan d’une politique pacifique, il doit, en 1823, céder au courant de l’opinion royaliste et accepter l’intervention française en Espagne que préconise Chateaubriand (nommé ministre des Affaires étrangères le 18 janv.). Les élections de 1824 donnent une large majorité de droite, et V. en profite pour faire voter la septennalité de la Chambre des députés. Pourtant, de ce succès même sortent les difficultés. A l’opposition libérale s’ajoute une opposition d’extrême droite animée par La Bourdonnais et renforcée, en juin 1824, par l’adhésion de Chateaubriand qui, chassé du ministère, reproche à V. sa politique de paix à tout prix. V. peut faire passer la loi accordant une indemnité aux émigrés ayant perdu leurs biens (1825), la loi sur le sacrilège, mais la Chambre des pairs, plus libérale que celle des députés, repousse le projet de rétablissement du droit d’aînesse et le projet d’une loi très restrictive sur la presse (mars 1827). En novembre 1827, V. obtient de Charles X la dissolution de la Chambre et la promotion de 76 nouveaux pairs connus pour leur attachement au trône et à l’autel. Mais les élections sont un échec, et les oppositions de droite et de gauche s’unissent pour faire tomber son ministère (3 janv. 1828). Nommé pair de France par Charles X, V. abandonne la carrière politique après la révolution de juillet 1830. Il rédige ses Mémoires et meurt en mars 1854.

Bibliographie : J. Fourcassié, Villèle, 1954.

VILLÈLE, Jean-Baptiste Guillaume Joseph, comte de (Toulouse, 1773-id., 1854). Homme politique français, il fut un des chefs des ultras royalistes sous la Restauration. De petite noblesse toulousaine, Villèle passa la plus grande partie de la Révolution à l'île Maurice, puis à l'île de la Réunion, où il épousa une créole et fit fortune. Élu député en 1815, il devint l'un des chefs de la Chambre ultra, la Chambre introuvable (1815-1816), opposée aux ministères de Richelieu et de Decazes. Ministre sans portefeuille dans le second ministère Richelieu (1820), il démissionna en 1821 puis revint au pouvoir comme ministre des Finances (décembre 1821), puis président du Conseil (1822). Sous la pression de la Chambre dite retrouvée (triomphe électoral des ultras en 1824). Villèle décida une série de lois réactionnaires (loi dite du milliard des émigrés), mais échoua lorsqu'il proposa le rétablissement du droit d'aînesse et une limitation de la liberté de la presse. La victoire de l'opposition libérale après la dissolution de la Chambre retrouvée contraignit Villèle à démissionner (janvier 1828). Promu pair de France par Charles X, il se retira définitivement de la vie politique après 1830. Voir Chateaubriand (François René de), Doctrinaires, Martignac (Jean-Baptiste Sylvère Gay, comte de).

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