VIENNE (congrès de, sept. 1814/juin 1815)
Congrès international réuni à Vienne pour fixer le cadre du nouvel ordre européen après les guerres napoléoniennes. La France, qui venait d'être vaincue par les Alliés et dont le sort avait été réglé par le premier traité de Paris (30 mai 1814), joua cependant au congrès un certain rôle grâce au talent diplomatique de Talleyrand. On a pu dire que le congrès de Vienne fut le dernier du XVIIIe s. Les territoires y furent en effet répartis sans aucun souci des sentiments des peuples : le peuple polonais fut partagé entre la Russie, l'Autriche et la Prusse ; les Belges furent soumis au roi de Hollande ; les Lombards-Vénitiens à l'empereur d'Autriche ; le reste de l'Italie fut divisé au profit des souverains autoritaires des maisons de Bourbon ou de Habsbourg ; les aspirations des Allemands ne furent pas satisfaites par la création d'une Confédération germanique dont les liens avaient été voulus par Metternich suffisamment lâches afin d'éviter la formation d'une unité allemande contre l'Autriche. Les remaniements territoriaux arrêtés par l'Acte final du congrès de Vienne (9 juin 1815) furent les suivants : la France était ramenée aux frontières fixées par le second traité de Paris (20 nov. 1815). Elle était tenue en respect par une chaîne d'États secondaires assez solides établis sur ses frontières : le royaume des Pays-Bas, formé des anciennes Provinces-Unies et des anciens Pays-Bas autrichiens (Belgique) ; la Confédération helvétique, agrandie de trois cantons (Genève, Neuchâtel, Valais) et dont la neutralité était garantie par les grandes puissances ; le royaume de Piémont-Sardaigne, qui recouvrait Nice et la Savoie et s'agrandissait du territoire de l'ancienne république de Gênes. La Russie s'accroissait considérablement à l'E. ; elle conservait la Finlande et la Bessarabie et annexait la plus grande partie de l'ancien grand-duché de Varsovie, sous la forme d'un royaume de Pologne soumis au tsar, bien que théoriquement autonome. La Prusse abandonnait la plus grande partie de son ancien domaine polonais, dont elle ne gardait que la Posnanie ; mais elle recevait en compensation la Poméranie suédoise, le nord de la Saxe, la Westphalie et la plus grande partie des régions rhénanes. L'Autriche renonçait à la Belgique mais s'étendait du côté de l'Italie (en annexant la Lombardie et la Vénétie, qui formèrent le « royaume lombard-vénitien ») et de l'Adriatique (annexion ou récupération de l'Illyrie et de la Dalmatie) ; elle reprenait à la Bavière le Tyrol et Salzbourg. L'Allemagne était réorganisée sur la base d'une Confédération germanique de trente-neuf États ; les souverains de Bavière, de Wurtemberg et de Saxe conservèrent la dignité royale que leur avait donnée Napoléon ; le Hanovre, érigé en royaume, revint à son souverain, le roi d'Angleterre ; Hambourg, Brême, Lübeck, et Francfort-sur-le-Main étaient érigées en villes libres. L'Italie, où l'influence autrichienne était prépondérante, restait divisée en six États (États pontificaux, royaume de Naples, grand-duché de Toscane, royaume de Piémont-Sardaigne, duché de Parme, duché de Modène). L'Espagne et le Portugal revenaient à leurs souverains légitimes. La Suède conservait la Norvège, annexée au traité de Kiel. En compensation, le roi de Danemark recevait à titre personnel, outre le Schleswig, qu'il possédait déjà, les duchés de Holstein et de Lauenburg. L'Angleterre gardait certaines colonies françaises et hollandaises (Guyane, îles de la Trinité, de Tobago, de Sainte-Lucie, île Maurice, Ceylan) et d'importantes bases navales (Helgoland, Malte, Le Cap).
L'Acte final du congrès de Vienne fut signé le 9 juin 1815, par toutes les puissances participantes. On doit au congrès de Vienne plusieurs autres décisions importantes : il établit le principe de la libre navigation sur le Rhin et la Meuse, condamna la traite et l'esclavage, recommanda des mesures favorables à l'amélioration du sort des Juifs.
VIENNE (Congrès de, septembre 1814-juin 1815). Congrès international réuni à Vienne afin de régler le sort des territoires libérés de la domination napoléonienne et d'établir une paix durable en Europe. Le Congrès - dominé par quatre grandes puissances : Angleterre, Prusse, Russie et Autriche - ne tint aucun compte, dans les remaniements territoriaux, des aspirations des peuples désormais mis en tutelle par le système dit de la Sainte-Alliance. Organisé au milieu de fêtes dont le faste resta célèbre, le congrès réunit une quinzaine de souverains, venus en personne (François Ier d'Autriche, le tsar Alexandre Ier, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III) et les meilleurs diplomates de l'époque (Castlereagh et Wellington pour l'Angleterre, Metternich pour l'Autriche, Hardenberg et von Humboldt pour la Prusse, Nesselrode pour la Russie et Talleyrand pour la France de Louis XVIII). L'ensemble des décisions prises par le congrès fut réuni dans un document, l'Acte final du congrès de Vienne (9 juin 1815), puis présenté à l'acceptation des petits États. Afin de maintenir un équilibre européen, la Prusse et la Russie obtinrent des avantages territoriaux importants, l'influence de l'Autriche s'étendant sur la quasi-totalité de l'Italie. La Russie recevait une grande partie de la Pologne prussienne, conservant la Finlande et la Bessarabie. En Europe centrale, la Prusse et l'Autriche se firent équilibre, la première acquérant la Poméranie suédoise, le nord de la Saxe, une grande partie de la Wesphalie et la rive gauche du Rhin, touchant désormais la frontière de la France. La seconde renonçait aux Pays-Bas, mais devenait la grande puissance de l'Adriatique et surtout de l'Italie. Quant à l'Allemagne, elle restait, selon les voeux de Metternich, morcelée et formait une Confédération germanique, union très lâche de 38 États sous la présidence de l'Autriche. L'Angleterre renforçait sa maîtrise des mers, conservant ou acquérant des bases navales et commerciales dans le monde. Elle gardait en Europe Héligoland, Malte et les îles Ioniennes qui, jointes à Gibraltar, lui donnaient la suprématie en Méditerranée. Elle conservait hors d'Europe, outre les deux Antilles et l'île de France (île Maurice), une Antille espagnole (la Trinité) et trois territoires conquis sur la Hollande : la Guyane, puis Le Cap et Ceylan sur la route des Indes. Le congrès de Vienne créa aussi des États secondaires sans tenir compte des aspirations nationales. Parmi ces États, on trouvait les royaumes des Pays-Bas (Belgique et Hollande), de Piémont-Sardaigne, de Lombardie-Vénétie sous domination autrichienne, de Pologne sous domination russe et de Suède-Norvège. Les anciens souverains d'Espagne et du Portugal furent rétablis et la Suisse devint une confédération neutre de 22 cantons. Si le congrès de Vienne apporta à l'Europe 40 ans de paix relative, ses décisions ne résistèrent pas aux mouvements des nationalités qui se multiplièrent au XIXe siècle. Voir Paris (Second traité de).
CONGRÈS DE VIENNE • 1er novembre 1814-9 juin 1815 Le 1er novembre 1814 s’ouvre dans la capitale autrichienne un congrès entre les vainqueurs de Napoléon et la France (représentée par Talleyrand) afin de « recoudre l’Europe », déchirée par l’épopée impériale. Le 9 juin 1815,1’acte final des travaux du congrès est signé, mais Talleyrand y a déployé ses trésors d’habileté en pure perte car depuis peu la situation intérieure française a totalement changé la donne : Napoléon a quitté l’île d’Elbe et chassé Louis XVIII. Comme le dit le roi d’Espagne : «Il ne s'agit plus de maintenir le traité de Paris » - signé le 30 mai 1814, il a ramené la France à ses frontières de 1792, exception faite de quelques territoires, mais n’a imposé ni indemnité de guerre ni frais d’occupation-, « il s'agit de le refaire ». Ainsi, après la bataille de Waterloo, les conditions du second traité de Paris (20 novembre 1815) seront bien plus dures pour la France.Liens utiles
- LE CONGRÈS DE VIENNE( 1814-1815) - HISTOIRE.
- Le Congrès de VienneCette réunion (1814-1815) marque la première tentative de concertationdes rois européens dans le but de créer un équilibre des pouvoirs quigarantirait une paix et une stabilité durable.
- DM Histoire: congrès de vienne
- NAPOLÉON Ier BONAPARTE(15 août 1769-5 mai 1821)Empereur des Français (1804-1814 et 1815)« Quel roman que ma vie !
- NAPOLÉON Ier BONAPARTE(15 août 1769-5 mai 1821)Empereur des Français (1804-1814 et 1815)" Quel roman que ma vie !