VERDUN
Ville de France (Meuse), sur la Meuse, autrefois Virodunum, ancien oppidum gaulois, évêché dès le IVe s., qui fut pris par Clovis en 502 et compris en 511 dans le royaume d'Austrasie. En 843, au traité de Verdun (v.), Verdun fut attribuée au royaume de Lotharingie. En 880, elle passa dans le royaume de Germanie. Ses évêques portaient le titre de comtes, mais, dès le XIIIe s., Verdun fut ville libre impériale. C'était l'un des « Trois-Évêchés » (v.) qu'Henri II fit occuper en 1552, et dont la possession fut reconnue à la France aux traités de Westphalie (1648). Traité de Verdun (août 843). Traité signé entre les fils de Louis le Pieux, l'empereur Lothaire et ses frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve. Il consacra le partage de l'Empire carolingien. Voir CAROLINGIENS. Histoire de la dynastie. Bataille de Verdun (1916). Après la guerre de 1870/71, Verdun devint le centre d'un vaste camp retranché qui fut le pivot de la défense du Nord-Est. Défendue en 1914 par la IIIe armée de Sarrail, la place de Verdun servit de point d'appui à la manuvre qui permit la victoire de la Marne. Le front se fixa à environ 10 km au N. de Verdun et ce secteur resta tranquille pendant dix-huit mois. Tout à la préparation de l'offensive prévue sur la Somme, l'état-major français négligea les informations concernant une attaque imminente sur Verdun. Le 21 févr. 1916, à 16 h 45, après une préparation d'artillerie qui dura neuf heures, l'attaque allemande fut déclenchée sur la rive droite de la Meuse. Malgré une résistance inattendue de défense française, les Allemends, au soir du 24, avaient complètement submergé la deuxième ligue de défense française et atteint la cote 344. Le soir du 25, ils s'emparaient du fort de Douaumont, pierre angulaire du nord-est de la ligne des forts. Castelnau, envoyé par Joffre, ordonna au général Herr de tenir coûte que coûte le front Nord entre Douaumont et la Meuse, et c'est Pétain, commandant de la IIe armée, qui fut chargé de prendre la direction de la bataille (26 févr.). À partir du 6 mars, la bataille s'étendit sur la rive gauche de la Meuse : les Allemands s'emparèrent du bois de Cumières (7 mars), du Mort-Homme (14 mars), de la cote 304 (24 mai). Après deux mois et demi de combats, malgré la supériorité écrasante de leur artillerie lourde, les Allemands n'avaient pas réussi à emporter la décision, et leur progression moyenne était d'environ 7 km. Cependant, la tentative menée par Mangin pour reconquérir Douaumont aboutissait à un échec sanglant (22/24 mai), et le fort de Vaux succomba le 7 juin. Les troupes du Kronprinz passèrent de nouveau à l'attaque le 21 juin et prirent Thiaumont, Fleury et les abords de Froideterre. Mais le temps était maintenant compté pour l'état-major allemand : le 4 juin, Broussilov avait déclenché une offensive en Volhynie, et, en juill., sur la Somme, commençait l'offensive franco-britannique. Pour Verdun, c'était le salut. La dernière grande attaque allemande eut lieu les 11/12 juill., aux abords du fort de Souville. Désormais, l'initiative passa aux Français : sous les ordres de Nivelle, la contre-offensive, conduite par Mangin, aboutit à la reconquête de Douaumont (24 oct.), de Vaux (2 nov.), de la crête du Poivre (15/18 déc.), et, sur la rive droite de la Meuse, le front se stabilisa le long d'une ligne Champneuville-Bezonvaux. Sur la rive gauche, le Mort-Homme et la cote 304 furent repris en août 1917, et Verdun fut complètement dégagé. Dans l'« enfer de Verdun », les Français avaient laissé 163 000 morts et disparus, les Allemands 143 000.
Liens utiles
- Pépin II d'Aquitainevers 823 - après 864Bien qu'il se soit allié à Lothaire, ce dernier l'abandonne à la bataille de Fontenay : il est lesacrifié du traité de Verdun et l'Aquitaine passe à Charles le Chauve.
- La guerre d'usureHécatombes de Verdun et de la Somme.
- Verdun.
- La guerre d'usure:Hécatombes de Verdun et de la Somme.
- GENEVOIS, Maurice (1890-1980)Sorti major de l'Ecole normale supérieure en 1911, il traverse l'épreuve meurtrissante de la guerre, des tranchées, de Verdun, des blessures physiques et spirituelles.