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Venceslas (Nuremberg 1361-château du Wenzelstein 1419) ; roi de Bohême [Venceslas IV, 1378-1419], roi allemand [1378-1400].

Venceslas (Nuremberg 1361-château du Wenzelstein 1419) ; roi de Bohême [Venceslas IV, 1378-1419], roi allemand [1378-1400]. Fils aîné de l'empereur Charles IV, le « roi Wenzel » est loin, culture à part, d'avoir les qualités de son père, qui lui avait destiné la Bohême et la couronne allemande. Couronné roi de Bohême le 15 juin 1363, V. règne effectivement à compter de la mort de Charles IV (29 nov. 1378) sur un royaume de Bohême prospère et brillant, notablement agrandi. Les tentatives de V. pour refaire un peu de l'unité perdue des territoires Luxembourg se concentrent sans succès sur l'héritage de son oncle homonyme (7 déc. 1383). Ce dernier, époux de Jeanne de Brabant, devait faire passer l'ensemble Luxem-bourg-Brabant-Limbourg à son neveu ; mais V., qui engage le Luxembourg à son neveu Josse de Moravie en 1390, est la même année pris de vitesse par le duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui, par son épouse Marguerite, héritière de la Flandre et nièce de Jeanne, est reconnu héritier de cette dernière. En Bohême même, l'opposition des nobles cause de nombreux troubles, qui culminent lorsque V. entre en conflit avec un haut clergé rétif et fait assassiner le vicaire général de l'archevêque de Prague, Jean de Pomuk (« Népomucène »), le 20 mars 1393. Il est retenu prisonnier quelques mois en 1394 et décide de se consacrer plus exclusivement à son royaume, s'appuyant ailleurs sur son frère Sigismond (1396) et tentant de séduire son neveu Josse en lui inféodant le Brandebourg (1397). La condamnation de Jean Hus en 1416 ouvre une période de graves déchirements, compliquée par le malaise social et la turbulence des nobles bohémiens, jusqu'à la mort de V., le 16 août 1419. V. a été moins heureux encore à la tête de l'Allemagne. Elu là aussi du vivant de son père (10 juin 1376 ; couronné le 6 juill.), il lui succède sans contestation à sa mort. Il assiste sans grand pouvoir aux déchirements qui opposent les ligues seigneuriales et les ligues urbaines (ligue rhénane fondée en 1381, union saxonne en 1382). Ses tentatives pour promouvoir la paix dans l'Empire (diète de Francfort, 1379 ; édit de paix général, 1383) restent sans effet. Dans un contexte international en profonde mutation, sa politique étrangère est particulièrement maladroite. Il ancre l'Empire dans le camp urbaniste, ce qui contribue à l'éloigner de l'alliance française. Le rapprochement avec Richard II d'Angleterre, commencé en 1379, est parachevé avec le mariage de ce dernier et d'un soeur de V., Anna (20 janv. 1382). Ses tractations secrètes, ou qui auraient dû le rester, avec le camp clémentiste, le déconsidèrent à Rome, et il n'est jamais couronné empereur. Préoccupé par la Bohême, il se décharge des affaires allemandes sur son frère Sigismond, créé vicaire de l'Empire le 19 mars 1396, mais aussitôt affaibli par le désastre de Nicopolis. C'est sans mal que les ennemis héréditaires des Luxembourg déposent V. le 16 août 1400. Son successeur, Ruprecht, comte palatin du Rhin, est élu le 21 août 1400 (couronné le 6 janv. 1401), mais ne peut mieux faire que V. Il meurt le 18 mai 1410. Sigismond lui succède, en dépit de la brève concurrence de V. et de leur neveu Josse.

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