Databac

VAUD

Canton du sud-ouest de la Suisse, situé entre le lac Léman et le lac de Neuchâtel ; chef-lieu Lausanne. Conquis par les légions romaines en 58 av. J.-C. et profondément romanisé, le pagus Urbigenus ou Valdensis fut occupé par les Burgondes au Ve s., puis fit partie de l'empire de Charlemagne et du royaume de Bourgogne Transjurane. Le pays de Vaud passa peu à peu sous la domination de la Savoie, domination qui était presque complète à la fin du XIVe s. Cependant, l'évêque de Lausanne, prince d'Empire depuis 1125, conservait une souveraineté temporelle. Le pays de Vaud, qui ne comptait au début du XVIe s. qu'une centaine de milliers d'habitants, constituait une région essentiellement rurale, pauvre, mais où la plupart des paysans étaient libres ; le commerce et l'industrie étaient peu développés. Les villes, assez rares et peu peuplées (Lausanne, Rolle, Nyon, Yverdon, Vevey), jouissaient de franchises et s'administraient comme de petites républiques. C'est à Moudon que résidait le bailli de Vaud, fonctionnaire du duc de Savoie, et que se réunissaient les états de Vaud, comprenant des représentants du clergé, des nobles et de la bourgeoisie des villes. La Réforme fut introduite dans le pays de Vaud par Guillaume Farel, maître d'école à Aigle, dès 1526, puis par Pierre Viret, qui se fixa à Orbe en 1530. Se portant à l'aide de Genève menacée par la Savoie, les Bernois firent sans difficulté la conquête du pays de Vaud en janv. 1536, puis s'emparèrent de Lausanne, dont l'évêque se réfugia à Fribourg. Désormais, le pays de Vaud fut annexé à Berne, qui proscrivit le catholicisme et fonda à Lausanne une académie protestante (1537). Pendant plus de deux siècles, le pays de Vaud fut soumis à l'autorité de Berne. Lors de la Révolution française, le Vaudois émigré La Harpe poussa le Directoire à intervenir contre Berne. Le 28 déc. 1797, le gouvernement français déclara qu'il prenait le pays de Vaud sous sa protection. À l'approche des troupes françaises, un Comité de réunion, présidé par Maurice Glayre, proclama le pays de Vaud indépendant sous le nom de « République Lémanique » (24 janv. 1798), et les Français entrèrent triomphalement à Lausanne quatre jours plus tard. Mais la République Lémanique devait avoir une vie brève : dès mars 1798 fut formé le canton du Léman, au sein de la République helvétique. Après l'Acte de médiation de 1803, ce canton prit le nom de canton de Vaud. Dans la période qui suivit 1815, les relations entre le canton de Vaud et celui de Berne furent très tendues ; d'autre part, une certaine agitation populaire se développa contre le régime aristocratique établi après la chute de Napoléon. Une Constitution plus libérale fut adoptée en 1831, mais les radicaux vaudois, conduits par Henry Druey, s'emparèrent du pouvoir le 14 févr. 1845 et adoptèrent une nouvelle Constitution démocratique ; les Vaudois demandèrent à la diète fédérale de voter l'expulsion des jésuites. Vaud s'opposa au Sonderbund (v.), et le radical Druey fut un des auteurs de la Constitution de 1848 ; c'est à cette date que le siège du Tribunal fédéral fut établi à Lausanne. La Constitution du canton de Vaud devait être encore révisée en 1861 et en 1885. Le canton fut le premier de la Confédération helvétique à introduire, en 1959, le vote des femmes au niveau local.

Liens utiles