VASSAL
Dans la société féodale, homme libre lié à un suzerain par un serment. C'est au VIIIe s. qu'apparaît le mot vassal (vassus, vassalus, peut-être du celtique gwas, « homme »). Le lien d'un homme libre avec un seigneur riche et puissant résulte de la recommandation, cérémonie symbolique qui est ensuite constatée par écrit. Le vassal s'engage par serment à servir le seigneur toute sa vie ; en échange, ce dernier lui promet sa protection. À partir du XIe s., la recommandation fit place à l'hommage. L'État carolingien était fondé sur la fidélité, sur le serment, qui créait un lien personnel entre le sujet et le roi. Au IXe s., avec l'effacement de la monarchie carolingienne, l'État lui-même, incapable de faire face efficacement à ses obligations administratives, judiciaires et policières, favorisa la formation, entre particuliers, de liens analogues, établis sur le serment. Le service militaire surtout se trouvait facilité par ce procédé : en cas de guerre, le roi faisait appel à ses vassaux, qui, eux-mêmes, mobilisaient leurs vassaux. Le capitulaire de Mersen (847) ordonna que tout homme libre dût avoir comme seigneur le roi ou l'un de ses fidèles. Le roi devenait ainsi le suzerain, le seigneur des seigneurs de son royaume.
Cette diffusion de la vassalité provoqua une désintégration de la souveraineté royale : l'homme libre, jadis lié au roi, n'était plus lié personnellement qu'à son seigneur et c'est par l'intermédiaire du seigneur qu'il obéissait au roi - ce qui pouvait avoir des conséquences graves en cas de désobéissance des grands vassaux. Très vite, il y eut une connexion étroite entre vassalité et bénéfice : pour récompenser le dévouement et les services de son vassal, le seigneur lui attribuait une partie de ses domaines, un fief, qui pouvait toujours être retiré en cas de violation du serment de vassalité. À l'origine, ce bénéfice était révocable à la mort du bénéficiaire ; en fait, dès la fin du IXe s., l'hérédité du bénéfice était devenue chose acquise.
À l'époque « classique » de la société féodale, la cérémonie de l'hommage, qui avait remplacé la recommandation, comportait quelques éléments symboliques essentiels : le vassal, à genoux et sans armes, mettait ses mains dans les mains de son seigneur et se déclarait son homme pour tel fief. Le seigneur le relevait, lui donnait le baiser de paix, et le vassal prêtait serment sur l'Évangile. L'investiture du fief était symbolisée par la remise, faite par le suzerain au vassal, d'un bâton, d'une lance et d'un anneau. On distinguait l'hommage lige ou intégral et l'hommage plane, rendu lorsque le vassal, déjà engagé dans l'hommage d'un seigneur, recevait un bénéfice d'un autre seigneur. D'autre part, on distinguait les vassaux directs, qui tenaient immédiatement leur fief du seigneur suzerain, et les arrière-vassaux ou vavasseurs, qui le tenaient d'un seigneur déjà vassal lui-même.
Le vassal avait des obligations nombreuses : il ne devait évidemment rien faire qui allât contre l'intérêt de son suzerain ; il devait à celui-ci le conseil, et notamment le service de cour (d'ordinaire, le seigneur réunissait trois cours annuelles - à Noël, à Pâques, à la Pentecôte - pour exercer, avec l'assistance de son conseil, la justice féodale). Le vassal devait également le service militaire, ost (v.) et chevauchée, dû à l'origine sans limites de temps, mais qui fut de plus en plus remplacé par le service de quarante jours, ou quarantaine (avec possibilité de rachat et de remplacement). Il devait encore, pour un laps de temps fixé, assurer la garde de la maison de son seigneur (service d'estage). À quoi s'ajoutaient enfin les aides (v.) et les obligations particulières qui dérivaient de la nature du fief. En échange, le suzerain devait secours total au vassal.
La rupture du lien de vassalité entraînait la commise, ou confiscation du fief, ou du moins le séquestre. Au XIIIe s., les trois cas habituels de commise étaient le suicide, le désaveu, la félonie (l'abandon du fief étant assimilé au suicide).
VASSAL. Nom employé à l'époque féodale pour désigner celui qui avait prêté hommage à un seigneur lequel lui accordait sa protection et une terre, le fief. En échange, le vassal lui jurait fidélité. Ses devoirs étaient nombreux : aide militaire ou service d'ost, conseil dans l'exercice de la justice féodale et aides, principalement pécuniaires. Ces relations d'homme à homme apparurent dans un contexte spécifique, au temps de la dissolution de l'autorité publique et des invasions normandes (IXe Xe siècle). Elles trouvent leur apogée aux XIe XIIe siècles. Voir Ban, Bénéfice, Chevalier, Comte, Féodalité, Seigneurie, Suzerain.
VASSALITÉ. Nom donné à la condition de vassal qui se caractérise par des liens de dépendance d'homme à homme. Voir Bénéfice, Comte, Féodalité, Fief, Hommage.
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- 2 U. V. uxorilocal, aux V V. vaccine 1 vadrouille 3 vague 3 vaguer vain, vaine valaisan, ane 2 valeur valoriser 1 van valence vanille vanterne varaigne varenne variomètre 1 vase vassal, ale, aux vau vaudou vavangue vécu veille velcro velours venaison vendredi venet venir ventre ver verbe vérécondie vergobret vérisme vermiculé, vermifuge, vermiller vernal, ale,
- Bartchoukfin du XIIe sièclePrince des Ouïghour, il se reconnaît le vassal de Gengis, lors d'une assemblée tenue par cedernier sur le Kérulen : ce qui permettra au conquérant d'attaquer les Djurtchet.
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