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VANUATU

Anciennement Nouvelles-Hébrides, New Hebrides. Archipel de l'océan Pacifique, au N.-E. de la Nouvelle-Calédonie ; capitale Port-Vila. La plus importante de ces îles, Espiritu Santo, fut découverte en 1606 par le Portugais Queiros, qui croyait atteindre le continent austral. L'archipel fut de nouveau visité par Bougainville en 1768, et en 1773 par Cook, qui lui donna son nom. Des colons anglais, australiens et français s'y installèrent au cours du XIXe s., mais les Nouvelles-Hébrides restèrent longtemps sans aucun gouvernement. La fondation d'une Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides (1882) préparait l'annexion de ces îles par la France, mais celle-ci se heurta à l'opposition de l'Australie et de l'Angleterre ; le traité franco-anglais d'oct. 1887 proclama la neutralité de l'archipel. Par la convention de Londres (20 oct. 1906), les Nouvelles-Hébrides furent soumises à un condominium franco-britannique, avec droits égaux pour les sujets français et britanniques. L'archipel est devenu indépendant et a pris sa dénomination de Vanuatu le 30 juill. 1980, non sans maintes discordes et tentatives de scission entre anglophones et francophones. La vie politique de cet archipel de petites îles volcaniques, dont les habitants vivent des ressources de la pêche, des cocoteraies, du cacao, de l'élevage et des subventions de la Grande-Bretagne ou de la France, était d'ailleurs complexe et troublait le calme du Pacifique Sud : la majorité parlementaire (vingt-quatre sièges sur trente-neuf) appartenait au Vanuaaku Pati, dirigé par le Premier ministre Walter Lini, pasteur presbytérien et anglophone. Mais les rivalités tribales, linguistiques, religieuses et les particularismes insulaires émaillaient de dissensions internes et de rivalités personnelles le cours de la vie gouvernementale. W. Lini, ferme soutien de l'Australie et hostile à la présence française dans le Pacifique, fut réélu en 1983 et en 1987, face à une opposition regroupant majoritairement les francophones. En déc. 1988, le président de la République Sokomanu tenta d'évincer son Premier ministre et fut emprisonné, ainsi que deux dirigeants de l'opposition. De plus en plus contesté, le Premier ministre quitta le pouvoir en 1991 et céda la place, après des élections, à l'Union des partis modérés (UPM), majoritairement francophone. Celle-ci remporta les législatives de 1995, qui inaugurèrent une période politiquement instable, trois gouvernements se succédant en 1996. Les législatives de 1998 virent la victoire d'une coalition majoritairement anglophone, regroupant le Parti national unifié (NUP) et le Vanuaaku Pati (VP), mettant ainsi un terme aux sept années de pouvoir de l'UPM, mise en cause dans des affaires de corruption. En 1999, le NUP quittait la coalition, mais le VP se maintint aux affaires en s'alliant avec une branche dissidente de l'UPM. En mars de la même année, le Parlement élut le père John Bani à la présidence de la République et, en nov., Donald Kalpokas (VP) fut remplacé par Barak Sope au poste de Premier ministre. En sept. 2000, un document émanant de l'OCDE classait Vanuatu parmi les « paradis fiscaux » par où transitait l'argent de la drogue et menaçait le pays de sanctions. Edward Natapei est Premier ministre depuis avril 2001.

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