VALMIKI
VALMIKI. Poète hindou, ayant vécu vers le Ve siècle av. J.-C. Auteur de Râmâyana, il était un temps fabuleux le contemporain du héros qui a donné son nom à ce grand poème épique de l’Inde. Appartenant, dit la légende, à la caste des brahmanes, il fut abandonné par ses parents et recueilli par de barbares montagnards qui l’initièrent à la triste existence des voleurs. Il vécut longtemps de rapines et de meurtres, jusqu’au jour où un « maharsi » qu’il venait de dévaliser lui suggéra de se rendre dans sa maison et de demander à sa femme et à ses fils s’ils approuvaient sa conduite. Vâlmîki obéit et rejoignit presque immédiatement sa victime en lui confessant avec effroi qu’il était blâmé par les siens. Alors le sage l’exhorta à répéter un nombre infini de fois le mot « mara » (anagramme de Rama), puis disparut. Pendant de longues années, Vâlmïki suivit ce conseil et resta immobile, au point d’être entièrement couvert de fourmis (en sanskrit « valmïka » d’où son nom). Mais le vieux sage vint le délivrer et, ayant reconnu ses mérites, le jugea digne de porter le titre de « maharsi ». Un jour, procédant à ses ablutions rituelles, Vâlmïki aperçut certain chasseur en train de tuer un héron mâle qu’il avait surpris sur les rives d’un fleuve avec sa femelle. Et l’imprécation qu’il lança contre le meurtrier fut, sans qu’il s en doutât, le premier exemple d’une forme métrique très particulière, le « sloka ». Au rythme de ces strophes, Vâlmïki, suivant le conseil de Nârada, entreprit de chanter la geste de Râma, puis ayant terminé son poème, il en donna connaissance à Kusa et a Lava, fils du héros, qui à leur tour le récitèrent à la cour en présence de Râma lui-même. La tradition littéraire hindoue a fait de Vâlmïki le « premier poète » par excellence, remarquable pour la noblesse de son style et sa puissance d’invention.