TS'EU-HI
Impératrice de Chine. Concubine mandchoue de l'empereur Hien-fong, mère de l'empereur T'ong-tche, qui n'avait que cinq ans lors de son accession au trône (1861), elle fut proclamée régente, et, directement ou non, gouverna jusqu'à sa mort. Elle disposa du trône en faveur de son neveu Kouang-siu (1875/1908), après le décès de T'ong-tche, mais dut recourir en 1898 à Yuan Che-k'ai (v.) pour évincer, par un coup de force, le nouvel empereur, gagné aux thèses réformistes. Elle laissa se développer au sein de l'administration une large corruption qui fut l'une des causes de la défaite de la Chine face aux Japonais (1894/95). Sa démagogie xénophobe, dont le principal instrument fut la société secrète des Boxers (v.), déclencha le soulèvement de Pékin (juin 1900), au cours duquel de nombreux Européens furent massacrés. L'envoi d'un corps expéditionnaire international en Chine (juill./août 1900) obligea Ts'eu-hi à prendre la fuite ; pour obtenir la paix, elle dut sacrifier ses alliés les plus réactionnaires. Elle aurait été empoisonnée, ainsi que Kouang-siu, à l'instigation de Yuan Chek'ai.