Databac

TRUMAN Harry (1884-1972)

Homme politique américain, président de 1945 à 1952.

Né à Lamar (Missouri), fils d’agriculteur, Harry S. Truman s’engage lors de la Première Guerre mondiale, exerce divers métiers et étudie le droit. Il est élu sénateur démocrate du Missouri en 1935. Appelé à la vice-présidence des États-Unis en 1944, il devient chef de l’État en avril 1945, à la mort de Franklin D. Roosevelt. Peu expérimenté, il participe aux côtés de Staline et Roosevelt à la conférence de Potsdam (17 juillet-2 août). Il assume la décision des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki (6 et 8 août).

Sa politique extérieure se montrera très active car liée à l’épreuve de force avec l’Union soviétique marquant l’entrée dans la Guerre froide. Le 12 mars 1947, il énonce devant le Congrès américain les principes de ce qui sera nommé la « doctrine Truman ». Celle-ci repose sur le refus de l’isolationnisme et sur la politique de containment visant à endiguer l’expansion du communisme dans le monde. Il annonce qu’il aidera les « pays libres » à résister à la « subversion » de minorités ou à des pressions extérieures. Cette politique se traduit à la fois sur le plan économique et militaire. Le plan Marshall d’aide aux pays européens est annoncé le 5 juin 1947, tandis qu’une série de pactes militaires seront bientôt conclus, notamment l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) et l’OTASE (Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est). H. Truman engage en 1950 l’armée américaine dans la guerre de Corée. Il y relèvera en 1951 Douglas MacArthur de son commandement, craignant les conséquences de son extrémisme.

Au plan intérieur, entendant prolonger le New Deal par un Fair Deal en développant l’État-providence, H. Truman s’est heurté au Congrès où les républicains étaient majoritaires. Il ne peut par ailleurs empêcher le déclenchement de la « chasse aux sorcières » contre les communistes, réels ou supposés. En 1953, le républicain Dwight D. Eisenhower lui succède.

Truman, Harry (Lamar 1884-Kansas City 1972) ; président des États-Unis [1945-1953].

Bien qu’il semblât avoir beaucoup moins de prédispositions que F.D. Roosevelt, son successeur fut aussi un grand président. Fils d’un fermier du Missouri et agriculteur lui-même pendant douze ans après s’être essayé à quelques autres professions, doté de bon sens et de contact humain, T. réussit, en occupant d’abord de petites fonctions électives, à s’élever en 1927 au poste de président élu de l’administration de son comté natal ; auparavant, il avait en outre fait deux années de droit. Elu dès 1935 au Sénat et réélu en 1941, l’élu démocrate, qui s’est dans une large mesure formé tout seul, ne se fait un nom que durant la guerre comme président du « comité Truman ». Ce comité de contrôle, qui croît sans cesse en importance et en volume, met fin au favoritisme dans la production de guerre et conseille l’exécutif sur les économies à réaliser et les mesures de centralisation. Le « chien de garde de millions de dollars » devient vice-président en 1945 contre son gré, uniquement dans l’intérêt du parti. Trois mois plus tard, Roosevelt meurt et T. s’attaque au « plus grand job du monde ». Il réorganise les règles de succession à la présidence, poursuit la politique intérieure de son prédécesseur avec le Fair Deal et renforce les exigences de qualification des fonctionnaires fédéraux, repart à zéro dans le domaine de la législation du travail, concentre le système militaire et élabore délibérément une politique étrangère supranationale en se fondant sur le bipartisme. Il soutient l’ONU en s’engageant de manière optimiste ; il réussit à sortir son pays du premier choc dû à la guerre froide qui éclate en 1947. Il lance le coûteux programme de reconstruction européenne ou plan Marshall, destiné à assurer la stabilisation des pays européens face au communisme et en 1949-1950 le programme d’aide aux pays sous-développés. L’OTAN est fondée et en septembre 1951, un traité de paix et d’alliance avec le Japon est finalement signé. A l’été 1950, au début de la guerre de Corée, T. place les forces armées américaines au service de l’ONU et démontre que l’Amérique est résolue à ne pas tolérer une extension supplémentaire de la zone d’influence communiste ; par ailleurs, il n’hésite pas, malgré sa grande popularité, à relever de ses fonctions, sans autre forme de procès, le commandant en chef, le général MacArthur, lorsque son obstination et son refus de subordonner les concepts militaires aux décisions politiques du gouvernement risquent de provoquer une nouvelle guerre mondiale. De même ne craint-il pas de s’opposer à la vague d’hystérie anticommuniste effrénée qui a envahi son pays (« la vieille méthode communiste, mais en sens contraire »), tout en prescrivant des enquêtes factuelles de loyauté. A la fin de son mandat, il redevient un Américain moyen comme par le passé qui de temps en temps seulement, par ses remarques concises et caustiques, enchante ses partisans et exaspère ses adversaires. Il meurt à Kansas City le 26 décembre 1972.

Liens utiles