TRENTIN-HAUT-ADIGE, Trentino-Alto
Région du nord de l'Italie, comprise entre l'Autriche, la Vénétie, la Lombardie et la Suisse ; chef-lieu Trente. D'abord peuplée par les Rhètes, cette région fut annexée par les Romains à la fin du Ier s. av. J.-C. et fit partie sous Auguste de la Xe région. Elle devint ensuite un duché lombard (VIe s.), puis sa partie orientale fut incluse, sous Charlemagne, dans la marche du Frioul. Annexée au XIe s. au Saint Empire et au duché de Bavière, elle fut désormais gouvernée à partir du Moyen Âge par les princes ecclésiastiques de Trente et de Bressanone (Brixen). En 1363, la haute vallée de l'Adige, avec Bolzano (Bozen) et Bressanone, fut incluse dans le comté de Tyrol, possession des Habsbourg. En 1810, Napoléon Ier annexa au royaume d'Italie toute l'actuelle région du Trentin-Haut-Adige. En 1815, le congrès de Vienne la restitua à l'Autriche, qui y poursuivit durant tout le XIXe s. une intensive politique de germanisation. La paix de Vienne (3 oct. 1866) attribua la Vénétie à l'Italie, mais laissa le Trentin-Haut-Adige à l'Autriche. Cette région devint un des ultimes objectifs de l'irrédentisme italien, car, si les hautes vallées avaient une population en majorité germanique, en revanche, les Italiens prédominaient nettement dans le Trentin méridional. Le traité de Saint-Germain (1919) accorda à l'Italie, qui portait ainsi sa frontière sur le Brenner, tout le Trentin-Haut-Adige, appelé à cette époque Vénétie tridentine. Cela revenait à inclure dans l'État italien une importante minorité germanique. La population germanophone résista à la politique d'italianisation menée par Mussolini. Un accord entre celui-ci et Hitler fut conclu en oct. 1939, permettant l'autodétermination des germanophones, qui eurent la possibilité de demander leur rapatriement dans le Reich : 185 000 d'entre eux choisirent cette solution, mais 70 000 seulement furent effectivement rapatriés. Après la chute du fascisme, en 1943, les dirigeants nazis, maîtres de l'Italie du Nord, décidèrent non plus de rapatrier les Volksdeutsche, mais d'annexer purement et simplement le Trentin. Le problème de la population germanique (majoritaire) se posa de nouveau après 1945. L'accord austro-italien du 5 sept. 1946 garantit à cette population une complète égalité des droits. La Constitution italienne de 1948 fit du Trentin-Haut-Adige une région autonome. Cependant, la population germanique estima ses droits insuffisamment reconnus et manifesta sa résistance, non seulement en élisant des députés autonomistes, mais en se livrant à des actes de terrorisme qui mirent en péril les bonnes relations entre Vienne et Rome ; un nouvel accord austro-italien (30 nov. 1969) apporta l'apaisement.