TRANSFORMISME
Pratique politique italienne, le transformisme (trasformismo) permet au groupe au pouvoir d’élargir sa base en intégrant d’autres forces politiques selon la logique personnelle du président du Conseil et celle des réseaux de clientèle associés aux affaires de l’État. Les blocs ainsi formés, nés de pactes personnels et non de compromis politiques clairs, sont exposés aux crises, fragilité palliée par le recours aux remaniements ministériels permettant une circulation à l’intérieur du groupe au pouvoir. Mais la mobilité apparente cache l’absence de véritable alternance politique. Le transformisme marque toute la période libérale (1861-1922) et resurgit en 1948, lorsque la Démocratie chrétienne (DC), parti dominant, intègre dans sa majorité les petits partis laïques, puis le PSI - Parti socialiste italien - (1962-1969 et années 1980), forces trop faibles pour qu’il y ait alternance. Le « compromis historique » (1976-1979), en intégrant à la majorité le PCI (Parti communiste italien), seul capable de faire contrepoids à la DC, aura été l’unique tentative pour sortir du système, mais elle fut bloquée par la stratégie terroriste des « années de plomb ». À la suite de l’ébranlement de la vie politique au début des années 1990, l’Italie a semblé s’acheminer vers une IIe République avec une alternance entre la droite (1994) et le centre gauche (1996-2000). Mais les chutes, en 1998, du gouvernement de Romano Prodi (1939-) et, en 2000, de celui de Massimo D’Alema (1949-), ainsi que l’inachèvement de la réforme constitutionnelle (absence de scrutin majoritaire) ont indiqué que la IIe République n’était pas encore née et que le transformisme perdurait.