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TOURVILLE, Anne Hilarion de Cotentin, comte de

Amiral français. Il fit son apprentissage de marin contre les Barbaresques en Méditerranée, puis fut admis en 1667 dans le corps des officiers de la marine royale. Après s'être distingué sous d'Estrées et Duquesne, il reçut en 1689 le titre de vice-amiral des mers du Levant et, la même année, prit le commandement en chef des forces navales françaises contre l'Angleterre. Envoyé en Irlande avec d'Estrées pour soutenir la cause de Jacques II, il battit l'escadre anglo-hollandaise de Herbert près de l'île de Wight, à Beachy Head (10 juill. 1690), mais, deux ans plus tard, il perdit seize bateaux à la grande bataille de La Hougue (mai 1692). Louis XIV reconnut cependant qu'il avait brillamment sauvé l'honneur et le fit maréchal de France. Tourville remporta une nouvelle victoire au cap Saint-Vincent (1693).

Tourville, Anne Hilarion de Cotentin, comte de (château de Tourville, près de Coutances, 1642-Paris 1701); le meilleur amiral de la flotte française au XVIIe siècle. Né en novembre 1642, T. appartient à une ancienne famille de la noblesse normande. Son père, César de Cotentin, seigneur de Tourville et de Fimes, avait été au service du premier duc de Saint-Simon (le père du mémorialiste). Sa mère, Lucie de La Roche-foucault, était également d’une vieille maison nobiliaire. Sa situation de cadet le destine à entrer dans l’ordre de Malte à l’âge de quinze ans. Il y sert pendant dix années, pratiquant la course contre les Barbaresques, et mérite la reconnaissance du Sénat vénitien qui lui reconnaît le titre de « protecteur du commerce maritime ». En 1667 il entre dans la marine royale comme capitaine de vaisseau. Pendant la guerre de Hollande il participe à divers combats, notamment à celui de Solebay (juin 1672). En 1675, sous les ordres du chevalier de Valbelle, il prend part à l’expédition envoyée pour secourir les Siciliens révoltés contre l’Espagne, et se signale aux combats de Stromboli et de Palerme (1676). Après la paix de Nimègue (1679), il est d’abord affecté à la construction des navires, puis est envoyé contre les Barbaresques. Nommé lieutenant général en 1682, il prend part, sous les ordres de Duquesne, au bombardement de Gênes ordonné par Louis XIV en violation de la paix (1684). Lorsque la guerre recommence entre la France et l’Angleterre (1689), la disparition de Duquesne lui offre les responsabilités les plus lourdes. Il quitte définitivement l’ordre de Malte et est nommé vice-amiral du Levant, titre qui lui donne en fait le commandement suprême de la flotte. En 1690 son escadre bat la flotte anglo-hollandaise au cap Bévéziers (Beachy Head). L’année suivante il est contraint à se tenir sur la défensive et se contente de sillonner la Manche. En 1692 Louis XIV décide de préparer un débarquement en Irlande et masse des troupes sur la côte du Cotentin. Parti de Brest, T. bat les Anglo-Hollandais près de Barfleur (29 mai) mais ne peut empêcher le désastre de La Hougue (2 et 3 juin). Cet échec conduit Louis XIV à renoncer aux grandes opérations navales et à se contenter de la guerre de course. Nommé maréchal de France, T. attaque près du Portugal un convoi anglo-hollandais et capture un grand nombre de vaisseaux (1693). L’année suivante il assure le débarquement de 6 000 hommes en Catalogne. Il meurt en 1701 avant que ne débute la dernière coalition menée contre Louis XIV.

Bibliographie : J. de La Varende, Le Maréchal de Tourville et son temps, 1952.

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