TOLSTOÏ Alexis Nikolaévitch
TOLSTOÏ Alexis Nikolaévitch. Ecrivain russe. Né le 29 décembre 1882, ancien style (11 janvier 1883) à Nikolaevsk, dans le gouvernement de Samara, actuellement Pougacev, mort le 23 février 1945 à Moscou. Issu d’une famille aristocratique, tant du côté paternel que du côté maternel, il fit ses études à l’institut de technologie de Saint-Pétersbourg. En 1907, il publia un premier volume de vers. Ce n’est qu’à la fin de 1911 qu’il opta résolument pour la prose, avec des nouvelles et des comédies qui le rendirent très vite populaire, comme L’Enfance de Nikita (qui est une autobiographie), et Le Monsieur boiteux [1912]. Parti au front, en 1914, comme correspondant de guerre, il dut renoncer à écrire. Pendant la révolution bolchevique d’octobre 1917, il prit parti pour les Russes blancs, et émigra. Une fois installé en France, il collabora à la plus grande revue de l’émigration, Les Annales contemporaines. Il adhéra au mouvement des « Smenovékhovtsy » (c’est-à-dire de ceux qui, au nom du nationalisme, cherchèrent à se réconcilier avec la Russie soviétique), demanda à être rapatrié et, après un bref séjour à Berlin, regagna en 1923 sa patrie et s’établit à Moscou. Lorsqu’il était encore en émigration, il avait composé un grand roman épique, Le Chemin des tourments ; il le remania un peu plus tard, corrigea ce qui avait été déjà publié pour le rendre plus orthodoxe et plus conforme à la position qu’il avait acquise en U.R.S.S, grâce aux nombreuses œuvres de tous genres écrites en France, tels les contes utopiques Aelita (1922), L’Hyperboloïde de l'ingénieur Garin, les contes réalistes : Les Cités bleues et Vasilij Suckov, le roman politique L’Or noir, écrit en 1931 et entièrement refondu, en 1938, sous le titre Les Émigrés, le roman humoristique Les Aventures de Nevzorov ou Ibicus, enfin le récit historique qui fait l’apologie de Staline lorsqu’il organisa la défense de Tsaritzin (plus tard Stalingrad), Le Pain [1935]. Le goût que Tolstoï avait pour l’histoire domina bientôt toute son œuvré, et on le voit assez dans un roman comme Pierre Ier et dans un drame comme Ivan le Terrible, qui ne firent que renforcer la position de l'écrivain devenu une personnalité de premier plan en U.R.S.S., et lui permirent de participer à des congrès de propagande tenus en Europe. En 1937, il entra en qualité de député au Soviet suprême, et en 1938, reçut l’ordre de Lénine; enfin, il fut nommé membre de l’Académie des sciences et reçut, en 1942, le Prix Staline. Il continuait à travailler à son grand roman Pierre Ier et s’employait à faire une intense propagande en faveur de la guerre lorsque, en 1945, la mort le saisit.
♦ « Écrivain de valeur, puissant, fort, qui peint avec une véracité féroce la décadence psychique et économique de la noble: contemporaine. » Maxime Gorki. ♦ « Il était remarquable à plusieurs titres, mais ce qui en faisait une figure vraiment étonnante, c’était un manque de sens moral vraiment exceptionnel... combiné avec des dons naturels extraordinaires, dont un authentique talent littéraire. » Ivan Bounine.
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