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TOKUGAWA

Dynastie militaire japonaise, qui exerça le shôgunat de 1603 à 1867. Sa puissance avait été fondée par Ieyasu Tokugawa, qui établit la capitale du shôgunat à Edo, tandis que la dynastie impériale était reléguée à Kyôto dans des fonctions purement honorifiques. Ieyasu Tokugawa ferma le Japon aux étrangers et organisa le shôgunat en une monarchie absolue qui ne fut pas sérieusement contestée jusqu'au début du XIXe s. Mais lorsque la marine américaine contraignit le Japon à ouvrir ses ports (1853), une réaction nationaliste se développa contre les Tokugawa et prit comme centre de ralliement la dynastie impériale. Appuyé par les clans de Chôshû et de Satsuma, l'empereur Mutsuhito (Meiji Tennô) obtint en nov. 1867 la démission du dernier Tokugawa, Yoshinobu, et proclama la restauration intégrale du pouvoir impérial (janv. 1868). Voir JAPON. Le shôgunat d'Edo. Les Tokugawa (1603/1867).

Tokugawa leyasu (1542-1616) ; premier shogoun des Tokugawa, la troisième dynastie shogounale du Japon.

Avec Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi dont il achève l’oeuvre de réunification, I. est le dernier des grands généraux japonais du XVIe siècle. Par la victoire de Sekigahara sur les daimyo (grands féodaux) [1600], il termine une guerre civile vieille de cent ans. En 1603, il est proclamé shogoun (c’est-à-dire « régent » ou « maire du palais »), et, pour la première fois, il réussit à unifier l’ensemble du territoire japonais sous la domination de sa dynastie. Il procède à une nouvelle répartition des fiefs en attribuant à ses partisans les possessions des daimyo les moins fiables. Le shogounat Tokugawa devait durer deux cent soixante-quatre ans. I. procure ainsi à son pays la paix pour deux siècles et demi, mais le plonge en même temps dans l’isolement car, voyant les faiblesses du Japon, il considère comme indispensable d’empêcher tout contact avec le monde extérieur. Nobunaga avait favorisé les premières missions catholiques, et le nombre des convertis allait croissant. Craignant une collusion des catholiques avec l’opposition féodale, et voyant, avec l’arrivée au Japon des premiers Hollandais calvinistes (1600), que les chrétiens sont divisés, I. et ses successeurs reprennent contre les catholiques les persécutions entamées par Hideyoshi. Après avoir expulsé les missionnaires, ils anéantiront à la suite d’une révolte la communauté catholique (1637). À partir de 1640, les Hollandais, confinés sur l’île de Deshima, près de Nagasaki, sont les seuls Européens encore admis à commercer avec les Japonais. Les empereurs quant à eux sont consignés à Kyoto où ils n’ont plus aucun contact avec les nobles et où leur petite cour est surveillée par les agents du shogoun.

Le gouvernement des Tokugawa est plein de contrastes et de contradictions : grâce à l’unification du territoire, certaines barrières tombent et le commerce prospère, mais en même temps ce dernier est fortement entravé par l’interdiction de construire des ponts et des routes sans l’autorisation du shogoun. Le pouvoir favorise l’afflux de marchands vers Tokyo (Edo), capitale du shogounat, le commerce de l’argent se développe. Les samouraï (soldats héréditaires) et leurs suzerains (les daimyo) tombent ainsi, du fait de leur endettement, sous la dépendance de la classe marchande. D’une part, on brise les monopoles des guildes pour encourager le commerce, mais d’autre part, on accorde des privilèges à un petit nombre de dynasties de négociants comme les Mitsui, Sumitomo, Konoike, dont l’influence devient si forte qu’elles peuvent passer complètement outre à la politique économique du gouvernement. Ainsi naissent de nouveaux monopoles. A cette ascension de la bourgeoisie urbaine correspond une période très brillante de la culture japonaise, l’ère Genroku (1688-1704), marquée par l’essor de la littérature et des arts. En revanche, le monde rural endetté subit une crise profonde, et on doit interdire aux paysans misérables de quitter les domaines de la noblesse féodale. A partir de 1712, la population rurale régresse fortement, les paysans se révoltent à plusieurs reprises, mais c’est seulement en 1843 que seront publiés les premiers décrets - à vrai dire infructueux -pour les contraindre à retourner dans leurs villages. Jusqu’au début du XIXe siècle, la culture japonaise est très fortement influencée par la culture chinoise, mais la vieille querelle qui oppose les partisans de celle-ci à ceux d’un retour aux traditions nationales tourne à l’avantage de ces derniers ; les wagakusha, comme on les appelle, en revenant au shintoïsme, retrouvent en même temps l’ancienne croyance à l’origine divine du pouvoir impérial ; ils constatent que le Japonais doit obéissance plus à l’empereur qu’au shogoun et font naître ainsi un mouvement qu’assimileront les « daimyo extérieurs » hostiles au shogounat, dans l’ouest du Japon. À ces erreurs en matière économique, cette orientation nouvelle en philosophie et cette opposition politique, s’ajoutent, à partir de 1806 et surtout de 1853, les menaces des nations occidentales que le Japon avait réussi à écarter pendant plus de deux cents ans ; tout cela conduit en 1868 à la fin du régime mis en place par I. dans les premières années du XVIIe siècle, et amène le début de l’ère Meiji.




TOKUGAWA. Famille aristocratique japonaise issue des Minamoto. Elle donna la troisième et la plus importante dynastie shogunale au Japon (1603-1867). La capitale était à Edo (aujourd'hui Tokyo). Ce fut sous cette dynastie qu'au XIXe siècle, sous la pression des Occidentaux, le Japon dut s'ouvrir au commerce international. En 1867, le 15e shogun Tokugawa mais aussi dernier shogun du Japon dut céder ses pouvoirs à l'empereur Mutsuhito. Voir Ashikaga, Kamakura, Meiji, Shogunat, Samouraï.

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