TOGO
État de l'Afrique occidentale sur le golfe de Guinée ; capitale Lomé. Avant le début de la colonisation européenne, le principal groupe de population indigène était celui des Éwés, qui, venus du Niger, s'installèrent dans le Togo méridional entre le XIIe et le XIVe s. Visitée à partir du XVe s. par les Portugais et les Danois, cette région vit se développer le commerce des esclaves puis de l'huile de palme. Le 5 juill. 1884, l'explorateur allemand Nachtigal établit un protectorat allemand sur la région côtière, et, jusqu'en 1890, l'intérieur fut conquis sans grande difficulté. Les Allemands aménagèrent un port à Lomé (1904). Conquis par les Franco-Anglais dès le 26 août 1914, le Togo fut divisé en 1922, sous l'égide de la SDN, en deux mandats, français et anglais, qui furent placés en 1946 sous la tutelle des Nations unies. En 1956, le Togoland britannique opta par référendum pour son incorporation au Ghana. L'évolution du Togo sous tutelle française vers l'indépendance fut d'abord l'uvre de Sylvanus Olympio, chef du Comité d'union togolaise (CUT) et président de la première assemblée territoriale, en 1946, puis, à partir de 1951, de Nicolas Grunitzky, chef du parti togolais du progrès, qui proclama le 30 août 1956, une République autonome du Togo, au sein de l'Union française. Grunitzky ayant perdu les élections du 27 avr. 1958, S. Olympio devint chef du gouvernement et proclama l'indépendance complète (27 avr. 1960). Mais Olympio, qui avait dressé contre lui le Nord, mal représenté au gouvernement, et les chefs coutumiers, fut assassiné lors du coup d'État militaire du 13 janv. 1963. Un régime constitutionnel fut alors rétabli sous la direction de Grunitzky, revenu de l'exil où il se trouvait depuis 1958. Le 13 janv. 1967, Grunitzky fut contraint de s'effacer devant le colonel Eyadema. En nov. 1969, celui-ci prononça la dissolution des partis politiques et constitua un parti unique, le Rassemblement du peuple togolais. Désigné comme candidat unique lors du congrès de Palimé (nov. 1971), Eyadema fut confirmé comme chef de l'État par le référendum du 14 janv. 1972. Réélu en 1979 et en 1986, Eyadema fit promulguer une constitution officialisant le rôle du parti unique et proclamant, le 13 janv. 1980, la IIIe République togolaise. À partir de 1983, d'importantes privatisations modifièrent sensiblement l'économie du pays, riche surtout de l'exportation de ses phosphates. Au printemps 1991, les grèves et les manifestations qui avaient éclaté dès 1990 s'intensifièrent. Soutenu par l'armée et assisté par la France, le général Eyadema, malgré l'adoption, en sept. 1992, d'une Constitution démocratique, reprit le contrôle de tous les postes clés. La répression brutale qui s'abattit sur le Togo poussa plus de 200 000 habitants de Lomé à l'exil. Réélu président en 1993 et 1998 malgré de multiples irrégularités et violences, Eyadema a modifié la Constitution en 2003 pour pouvoir se représenter une nouvelle fois.