TOGLIATTI Palmiro
Homme politique italien. Il participa à la fondation du parti communiste italien (1921). Fuyant la dictature fasciste, Togliatti s'expatria en 1926. Secrétaire général du PCI (de 1931 à sa mort) et secrétaire du Komintern (1935/39), il élabora la stratégie des « fronts populaires ». Rentré en Italie en 1944, il participa au Comité de libération nationale, puis aux ministères qui se succédèrent de 1944 à 1947, mais fut écarté du pouvoir, avec les autres ministres communistes, en mai 1947. Togliatti encouragea la déstalinisation et l'autonomie des partis communistes, italien en premier lieu, face à Moscou, de même qu'il fut partisan du rapprochement avec les socialistes.
Togliatti, Palmiro (Gênes 1893-Yalta, Crimée, 1964) ; homme politique italien.
Etudiant en droit, ce fils de petit employé génois vient d’adhérer au parti socialiste lorsque la guerre éclate. Il devient membre de la rédaction turinoise de l'Avanti ! (1915) et fonde, avec Gramsci, l’hebdomadaire Ordine Nuovo en 1919. Artisan de la scission bolchevique au congrès de Livourne (1921), il est membre du comité central (1922) puis du comité exécutif (1923) du nouveau parti communiste d’Italie. Fondateur du journal // Comunista, il est recherché par la police fasciste et doit quitter l’Italie. En URSS, il participe aux activités du Komintern - dont il sera secrétaire en 1935 -, met au point la nouvelle stratégie frontiste d’unité avec les socialistes et anime, à travers l’Europe, la vie du PCI clandestin - dont il est secrétaire général depuis le congrès de Cologne en 1931. Après un passage en Espagne durant la guerre civile, il retourne à Moscou et s’occupe de la propagande antifasciste en langue italienne. Son retour en Italie est marqué par le fameux discours du « tournant de Salerne » (avr. 1944) qui affirme la nécessité de « réconcilier les forces populaires antifascistes avec le pouvoir institutionnel » et propose aux communistes la création d’un « parti nouveau ». Acceptant la collaboration avec les autres partis démocratiques, il participe aux gouvernements d’unité nationale après 1944 (Badoglio, Bonomi, Parri et De Gasperi) jusqu’à l’éviction des communistes (1947) et l’entrée dans l’opposition parlementaire. En 1956, il lance l'idée du « polycentrisme », possibilité pour les partis communistes de choisir leur voie nationale sans se référer à Moscou. Mais, la même année, le promoteur de la « voie italienne », pourtant soucieux de préserver son parti des effets du stalinisme, approuve l’intervention soviétique en Hongrie. Cet intellectuel, habile et fin politique, référence ambiguë du communisme « libéral et indépendant », s’éteint en Crimée en 1964.
Bibliographie : P. Togliatti, Le Fascisme italien, 1971 ; M. & M. Ferrera, Palmiro Togliatti, 1954.