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TIPPOU SAHIB

Sultan du Mysore (1782/99). Fils d'Haïder Ali, il reçut son instruction militaire d'officiers français qui étaient au service de son père. Il succéda à celui-ci en déc. 1782 et signa avec l'Angleterre la paix de Mangalore, sur la base de la restitution réciproque des conquêtes (11 mars 1784). Il restait cependant un ennemi acharné des Anglais et, en 1789, il occupa les territoires de leur allié, le raja de Travancore, ce qui provoqua une nouvelle guerre. Repoussé du Travancore, il vit le Mysore lui-même envahi, et les victoires de Cornwallis lui imposèrent la paix de Seringapatam (1792), par laquelle il dut abandonner environ un tiers de ses États aux Anglais et à leurs alliés, le nizam de Hyderabad et le peshwa des Marathes. Il fit alors appel à la France, et, lorsque Bonaparte lança l'expédition d'Égypte, les Anglais décidèrent d'en finir avec Tippou Sahib : Wellesley envahit le Mysore (fin oct. 1798) et emporta la forteresse de Seringapatam, où Tippou Sahib fut tué. Ses États furent partagés entre la Compagnie des Indes et le nizam d'Hyderabad. Les musulmans de l'Inde le vénèrent comme un martyr.


Tipu Sahib [Tippoo Sahib] (Devanhalli 1750-Seringapatam 1799); dernier sultan indépendant du Mysore, qui lutta contre les Anglais. C’est le fils d’Haïder Ali, qui usurpe le pouvoir au Mysore en 1761 et devient l’ennemi des Anglais dès 1771. En 1778, lorsque la guerre éclate entre la France et l’Angleterre, Haïder Ali a envahi le Carnatic, où il attend l’aide française. Mais en 1782, isolé dans sa lutte contre les Anglais, Haïder Ali meurt, laissant le pouvoir à son fils T., à qui il lègue sa haine des Anglais. T. s’empare de plusieurs villes mais doit, en 1784, signer un pacte avec l’Angleterre. Il ne renonce pas pour autant à ses projets. En 1787 il envoie une ambassade à Versailles pour solliciter l’aide de la France, qui ne peut lui être accordée. En 1789 il attaque les domaines du radjah de Travancore, allié de la Compagnie anglaise des Indes. Les Anglais lui font alors la guerre, et les autres Etats indépendants de l’Inde, notamment les Mahrattes et le Nizâm, se tournent contre lui. Assiégé dans sa capitale, Seringapatam, T. doit signer le traité du 16 mars 1792 qui lui enlève le Malabar, Dindigal et le Baramahal. La guerre qui reprend entre la France et l’Angleterre, à partir de 1793, rend de l’espoir à T. L’expédition de Bonaparte en Egypte devait être, dans l’esprit de ses promoteurs, la première étape d’une intervention dans l’Inde pour laquelle les Français comptent sur le Mysore. Mais Richard Wellesley (frère du futur duc de Wellington), gouverneur de la Compagnie anglaise des Indes en 1798, profite de la victoire de Nelson à Aboukir pour achever la conquête de l’Inde en commençant par les Etats de T. En 1799, l’armée anglaise attaque le Mysore avec l’aide des troupes du Nizâm. T. est tué en défendant Seringapatam le 4 mai 1799. Les Anglais démembrent ses Etats, déportent sa famille, et placent sur le trône de l’État-croupion un protégé. C’en est fini de la dynastie musulmane et indépendante du Mysore.