Databac

TIMOR

Île de l'est de l'archipel de la Sonde, située entre les Célèbes et l'Australie. Elle fut découverte vers 1520 par les Portugais, qui établirent leur principale base à Solor, île située au N. de Timor. À partir de 1613, les Hollandais s'installèrent également à Timor, près de Kupang, et les Portugais durent se replier dans le N. et l'E. de l'île. Après des siècles de combats intermittents, le traité de 1904 délimita les frontières entre possessions portugaises et néerlandaises. Les Japonais occupèrent l'île de 1942 à 1945. La partie néerlandaise fut annexée en 1946 à la république d'Indonésie, qui, dès cette époque, proclama que l'intégralité de l'île devait lui revenir. Cependant, la partie portugaise, devenue en 1896 province portugaise autonome, resta sous l'autorité de Lisbonne jusqu'en 1974. La disparition de l'autorité coloniale provoqua une guerre civile entre le Fretilin (Front révolutionnaire pour l'indépendance de Timor), de tendance communiste, et les autres mouvements nationalistes, pro-indonésiens. Le Fretilin ayant proclamé unilatéralement l'indépendance (28 nov. 1975), les nationalistes proindonésiens, appuyés par des troupes indonésiennes, se rendirent maîtres de la capitale, Dili (7 déc. 1975). En mai 1976, une Assemblée populaire, élue dans des conditions douteuses, approuvait à l'unanimité le rattachement à l'Indonésie de Timor, qui devenait la province de Loro Sae, mais l'ONU ne reconnut jamais cette annexion. À la résistance du Fretilin, qui prit en 1987 la tête du Conseil national de la résistance de Timor (CNRT), a répondu une dure répression qui a fait de 100 000 à 200 000 morts. La terreur orchestrée par l'armée amena le Fretilin à accuser Djakarta de tentative de génocide. Entre 1975 et 1993, 150 000 Javanais se sont installés au Timor-Oriental, changeant notablement l'équilibre de la population. Le prix Nobel de la paix décerné conjointement, en 1996, à Mgr Belo, évêque de Dili, et à José Ramos-Horta, ambassadeur itinérant du Timor-Oriental, ne changea guère la situation. En 1998, le nouveau président indonésien Jusuf Habibie entama des négociations, qui aboutirent à un accord tripartite (ONU, Portugal, Indonésie). En août 1999, un référendum vit la victoire des indépendantistes avec 78,5 % des voix, mais des milices, encadrées par des commandos spéciaux de l'armée indonésienne, mirent le pays à feu et à sang, faisant plusieurs milliers de victimes. En sept. 1999, une force d'interposition internationale (Interfet) commença à prendre position à Dili puis dans les campagnes. Le calme revenu, l'Administration transitoire des Nations unies au Timor-Oriental (Untaet) prit le relais et s'attacha à régler le problème des milliers de personnes déportées vers des camps du Timor occidental et soumises à la violence des milices proindonésiennes, tandis que le nouveau président indonésien Abdurrahman Wahid reconnaissait, en oct. 2000, l'indépendance du Timor-Oriental. La république démocratique du Timor-Oriental a été proclamée le 20 mai 2002.

Liens utiles