Databac

TIBÈRE, Tiberius Claudius Nero

Empereur romain (14/37 apr. J.-C.). Adopté par Auguste en 4 apr. J.-C., il était lui-même le fils de Livie, qui avait épousé Auguste en secondes noces. Succédant à Auguste en 14 apr. J.-C., il avait derrière lui une brillante carrière de chef de guerre, vainqueur en Arménie, dans les Balkans et en Germanie. Tibère affermit les institutions impériales, réorganisa les finances et, tout en restant fidèle à la politique pacifique qui avait été celle de la fin du règne d'Auguste, il maintint l'Empire romain dans ses frontières. Dégoûté des intrigues du Sénat, dont il avait pourtant accru les droits et privilèges, il quitta Rome pour Capri en 27, laissant gouverner son ministre Séjan, qui devint le véritable maître de l'Empire et fit régner la terreur. Ayant éliminé Séjan en 31, Tibère maintint fermement contre les complots les droits de Caligula, fils de Germanicus (v.) et d'Agrippine (v.), qui devait être son successeur.

Tibère, Tiberius Claudius Nero, puis Tibe-rius Caesar Augustus (42 av. J.-C.-37 ap. J.-C.) ; empereur romain [14-37 ap. J.-C.].

Aîné des deux fils qu’avait eus Livie de son mariage avec Tiberius Claudius Nero -mariage qu’elle dut rompre en 38 avant J.-C. pour épouser Octave -, le jeune T., élevé dans la maison de son beau-père, est très tôt chargé de missions militaires et administratives importantes : en 20 avant J.-C., il couronne Tigrane II d’Arménie ; en 15, en une opération combinée avec son frère Drusus, il prend en tenailles les Rhètes et étend la frontière de l’Empire au Haut-Danube ; de 12 à 9, il soumet la Pannonie ; de 9 à 7, il poursuit les campagnes de Drusus en Germanie, va même au-delà de l’Elbe, jusqu’au Brandebourg ; de 4 à 6 après J.-C., il mène une campagne contre les Marcomans puis reconquiert (6-9) la Pannonie qui s’était révoltée et, de 9 à 12, il restaure l’autorité romaine sur le Rhin. Cette expérience et une compétence militaire exceptionnelle contribuent de manière décisive à la protection des régions périphériques du nord de l’Empire. Veuve une première fois à la mort (23) du neveu de l’empereur, Marcellus, que celui-ci avait désigné comme son successeur, la fille unique d’Auguste, Julie, l’est pour la seconde fois à la mort d’Agrippa (12). L’année suivante, Auguste oblige T. à se séparer de Vipsania, la fille d’Agrippa, pour prendre Julie comme épouse. Honneurs et charges s’accumulent sur le nouveau gendre. Mais en 6, alors qu’il reçoit la puissance tribunicienne (ce qui le désigne implicitement comme un successeur d’Auguste), T. demande un congé et s’exile volontairement à Rhodes. En 2 avant J.-C., Auguste rompt le mariage avec Julie qui méprisait trop ouvertement les règles morales nouvellement édictées par le princeps. Blessé par la conduite de Julie et par la préférence qu’Auguste manifeste pour ses petits-fils, Caius et Lucius César (nés du mariage d’Agrippa avec Julie), T. reste à Rhodes où il vit en simple particulier, jusqu’en 2 après J.-C., quand Auguste, sur la pression de Livie, le rappelle puis l’adopte en 4 après J.-C., à la mort de ses petits-fils, à charge pour T. d’adopter son neveu Germanicus, fils de Drusus. Remis en selle dans la course à la succession, T. est de nouveau investi de la puissance tribunicienne. Mieux : en 13, il reçoit des pouvoirs égaux à ceux d’Auguste. Lorsque meurt Auguste, T. a cinquante-cinq ans. Dans tous les domaines, T. a montré sa valeur. Ses mérites sont incontestables : c’est un des hommes les plus aptes de son temps. En outre, cultivé, bon orateur, fin helléniste, féru d’astrologie, il ne manque ni d’intelligence, ni de caractère. Et pourtant, cet homme de devoir, républicain de conviction, héritier scrupuleux d’Auguste, fait peur et n’arrive pas à être populaire ni auprès du Sénat ni auprès du peuple. Blessé d’avoir été l’éternel second, irrité par l’absence d’esprit des sénateurs, il devient misanthrope, cassant et soupçonneux. L’historiographie sénatoriale le présente comme un tyran qui aurait donné au nouveau régime une forme autocratique. En fait, il hésite à accepter le pouvoir. Puis pendant huit années le régime est plutôt libéral (15-23). Les difficultés cependant n’ont pas manqué : révoltes de Tacfarinas en Afrique (17-24), de Florus et de Sacrovir en Gaule (21), expéditions en Germanie (15-16), conspiration (en 16), difficultés familiales (mort de Germanicus en 19 ; mort de son fils Drusus en 23). Parallèlement, l’unique préfet du prétoire depuis 15, Séjan, occupe une place de plus en plus importante dans la conduite des affaires. Et cela d’autant plus qu’en 26 T. s’enferme dans la solitude de Capri. En 30, chose exceptionnelle pour un chevalier, Séjan est désigné consul pour l’année suivante avec pour collègue T. lui-même. Pense-t-il alors à l’Empire? Toujours est-il qu’en 31, Séjan est arrêté, exécuté. De Capri, de 31 à 37, T. continue à gouverner avec la même attention maniaque. Il suscite des procès de lèse-majesté qui permettent d’atteindre des suspects, de les punir par la mort ou l’exil et de confisquer leurs biens. Pour autant, T. reste lucide : il enraye une crise financière, neutralise le danger parthe, administre brillamment l’Empire et poursuit la politique religieuse tracée par Auguste. Malade, il meurt en mars 37, à Misène, sans avoir préparé sa succession. Selon une rumeur, son petit-neveu, Caligula, aurait achevé le moribond.

TIBÈRE (Rome, 42 av. J.-C.-Misène, 37 apr. J.-C.). Empereur romain de la dynastie des Julio-Claudiens, il régna de 14 à 37 ap. J.-C. Cultivé, intelligent mais très impopulaire, Tibère poursuivit la politique d'Auguste et fut un grand administrateur. Beau-fils d'Auguste que sa mère épousa, il accomplit d'abord des missions diplomatiques et militaires où il démontra de brillantes qualités. Consul en 13 av. J.-C., Auguste l'obligea à répudier sa femme et à épouser sa fille Julie. Mais, ne désirant pas le pouvoir, il se retira dans l'île de Rhodes pendant plusieurs années. Lorsqu'il rentra à Rome en 2 ap. J.-C., Auguste l'adopta et il lui succéda à sa mort en 14 ap. J.-C. : il avait alors 56 ans. Fidèle héritier de son beau-père, il poursuivit sa politique de paix, s'occupant tout particulièrement d'équilibrer les finances, de surveiller l'administration des provinces et de veiller à une justice plus équitable. Haï par la noblesse qui multiplia les complots et excédé par les intrigues de son entourage, Tibère se retira à Capri en 27 ap. J.-C. mais continua à gouverner par l'intermédiaire de son ministre Séjan. Celui-ci, songeant à prendre le pouvoir, multiplia exécutions et empoisonnements dont l'une des victimes fut le fils de l'empereur. Condamné à mort par Tibère, son exécution fut suivie d'une violente répression dirigée contre les partisans et la famille de Séjan. Tibère, tyran détesté, laissa néanmoins une Rome plus puissante encore qu'il ne l'avait trouvée. Caligula lui succéda. Voir Germanicus.


Tibère (Tiberius, Claudius, Nero, Caesar); Empereur romain (14-37 apr. J.-C.), né en 42 av. J.-C., fils aîné de Tiberius Claudius Nero et de Livie qui épousa en secondes noces l'empereur Auguste, dont Tibère devint le fils adoptif. Tibère prit pour femme Vipsania Agrippina, fille d'Agrippa et de sa première épouse, Attica, mais Auguste le contraignit à divorcer pour épouser sa fille Julia (union qui prit fin avec l'exil de celle-ci en 2 av. J.-C.). Ce divorce forcé l'assombrit (on dit qu'il aurait éclaté en sanglots à la vue de sa première femme). Après la mort de Gaius et de Lucius Caesar, les deux fils que Julia avait eus d'une précédente union avec Agrippa, Auguste décida de faire de Tibère son successeur et héritier. En ce qui concerne son règne.

Liens utiles