THÉOGNIS
THÉOGNIS. Poète grec de la deuxième moitié du VIe siècle avant J.-C. Il appartenait à la noblesse dorienne de la ville de Mégare et vécut à une époque très troublée qui vit sans cesse aux prises le peuple et l’aristocratie, classe à laquelle il appartenait. Ruiné par le triomphe du parti adverse, il dut s’exiler et voyagea à travers la Grèce et la Sicile, tout en appelant une nouvelle révolution qui serait sa vengeance. Il semble avoir été célèbre très jeune, mais les seuls renseignements que nous ayons sur sa vie sont déduits de son oeuvre. Celle-ci nous est parvenue sous la forme de plusieurs manuscrits, dont le plus complet et le meilleur compte un peu plus de quatorze cents vers. De nombreuses recherches ont permis d’établir qu’il s’agissait de morceaux choisis à l’usage des écoles grecques. Nous ne possédons, par conséquent, aucune œuvre complète mais un ensemble assez disparate — Poèmes élégiaques. Il est le premier avec Hésiode à avoir tenté de faire la synthèse de toute la vie humaine dans un ensemble de préceptes, qui les uns recouvrent ces thèmes généraux et éternels que sont les dieux, la famille et la société, et les autres sont appropriés aux circonstances de la vie contemporaine. La majorité de ses réflexions, qui adoptent une forme didactique et pédagogique, sont adressées à son disciple et ami Kyrnos ou Cyrnos, mais elles obéissent au tempérament autant qu’à la raison et laissent parfois éclater la passion derrière la sérénité apparente et voulue. Théognis parle alors de ses luttes politiques, de ses soucis, de ses haines et de ses misères et dévoile sa nature profonde pleine d'âpreté, d’inquiétude et de pessimisme. Il est enfin le premier à s’être dressé contre les dieux pour leur demander compte du triomphe des méchants et cette apostrophe lui vaut de marquer un tournant dans l’histoire de la pensée grecque.