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THÉMISTOCLE

Homme politique athénien. Malgré l'opposition du parti aristocratique animé par Aristide, il entraîna ses concitoyens dans une grande politique navale, fit aménager et fortifier le port du Pirée, mieux protégé que celui de Phalère, et obtint de l'assemblée du peuple que les revenus de l'exploitation des mines du Laurion fussent affectés à la construction de 200 trières. L'ostracisme qui frappa en 482 Aristide, son principal adversaire, fit de Thémistocle le personnage le plus influent d'Athènes. En 480, lors de l'invasion de Xerxès, il fit, non sans peine, évacuer Athènes et livrer sur mer le combat décisif avec les Perses. La victoire de Salamine permit à Athènes de résister et de poursuivre la lutte. Aussitôt après, c'est encore Thémistocle qui fut l'artisan des grands travaux de fortification entrepris à Athènes et au Pirée. Thémistocle fut le fondateur de la puissance maritime athénienne qui devait aboutir à l'établissement de la ligue de Délos (v.), à travers laquelle allait s'affirmer l'impérialisme d'Athènes. La méfiance des démocrates athéniens à son égard le fit frapper d'ostracisme. Il mourut exilé en Asie Mineure.

Thémistocle (v. 528-v. 426 av. J.-C.) ; homme d’Etat athénien.

Issu d’une famille athénienne noble mais non dirigeante - celle des Lycomides -, T. émerge dans la vie politique avec son archontat en 493. Il préconise probablement l’aménagement du Pirée en un port fortifié mais son rôle est mal connu. Malgré tout, il entraîne Athènes dans un développement maritime et un processus de démocratisation auxquels s’oppose l’aristocratie. D’où une série de votes d’ostracisme qu’il aurait suscités, en particulier Xanthippe (485-484), Aristide (482-481). Dès 480 (début de la deuxième guerre médique), les ostracisés sont rappelés. La démocratisation se marque dans la réforme de l’archontat en 487 : au lieu d’être élus, les archontes sont désormais tirés au sort. En 483-482, un nouveau gisement d’argent est découvert au Laurion : T. fait admettre l’idée de le consacrer à la construction d’une flotte de guerre destinée, à l’origine, à lutter contre les Eginètes. Deux cents (ou cent ?) trières sont commandés et équipés de Thètes qui servent comme rameurs ; du même coup, ils prennent une place plus grande dans la cité. Aussi lorsque les Perses envahissent la Grèce pour la deuxième fois (481-480) par une attaque maritime et terrestre, ils trouvent Athènes parmi leurs adversaires les plus résolus (elle a fait la paix avec Egine) et les mieux équipés. Après l’échec héroïque de Pélopidas aux Thermopyles, et la bataille navale indécise du cap Artémision (480) à laquelle participait la flotte athénienne, les Perses pénètrent en Attique. T. avait-il envisagé avant ces engagements (le décret trouvé en Trézène en 1959 est un faux de l’époque hellénistique) ou après (selon Hérodote) d’évacuer l’Attique et Athènes pour regrouper la population à Trézène, Egine et Salamine ? On ne sait. Toujours est-il que l’Acropole est abandonné par « les remparts de bois » de la flotte. Dans la rade de Salamine, T. attire la flotte perse (sept. 480) et la détruit presque entièrement sous les yeux de Xerxès. Sparte même reconnaît le rôle décisif de T. en le couvrant d’honneurs. Retraite maritime des Perses, dont la flotte est de nouveau battue au cap Mycale (479) ; retraite terrestre, plus lente (l’Attique est de nouveau envahie, Athènes abandonnée), accélérée par la victoire grecque de Platées (479). À ces batailles, T. ne participe pas ; c’est Aristide, son ennemi politique, qui commande le détachement athénien. Les nouvelles dévastations de l’Attique ont entraîné une baisse de popularité de T. que ne compense pas la reconstruction, à son instigation, des murs d’Athènes. Cela, plus pour se protéger des ambitions Spartiates, dont T. craint l’hégémonie, que pour parer à un retour offensif perse. En outre la constitution de la ligue de Délos (478) sous la présidence d’Aristide, qui poursuit à bien des égards la politique de T., et l’ascension politique de Cimon qui s’oppose à T. sur le danger prioritaire (les Perses plutôt que Sparte), contribuent au déclin de l’influence de T. En 471-410, le démos ostracise T. qui s’exile à Argos, la cité la plus hostile à Sparte. De là, il parcourt le Péloponnèse, y encourage le mécontentement contre Sparte. Accusé -calomnié, semble-t-il - de s’être entendu avec le Spartiate Pausanias, il est condamné à mort par les Athéniens. Poursuivi par ces derniers et par les Spartiates, il se réfugie alors en Epire, puis en Macédoine avant d’être accueilli en Asie par le Grand Roi qui lui confie les villes de Lampsaque, Myonte et Magnésie du Méandre où il meurt vers 462 (maladie ? suicide ?). Artisan de la puissance navale d’Athènes, homme de l’hostilité à Sparte, le vainqueur de Salamine, habile et rusé (il reçut le surnom d’Ulysse) apparaît comme un des fondateurs de la grandeur d’Athènes.

Bibliographie : Ed. Will, Le Monde grec et l'Orient. Le Ve siècle (510-403), Nancy, 1980.

THÉMISTOCLE (Athènes, v. 525-Ma-gnésie, v. 460 av. J.-C.). Homme politique athénien. Peu cultivé et issu d'une famille sans fortune, il fut néanmoins un grand chef d'État et comprit rapidement que l'avenir d'Athènes était sur la mer. Archonte en 493, il fit aménager et fortifier le port du Pirée et accéléra la construction de deux cents trières, financée par l'exploitation des mines d'argent du Laurion. Lors de l'invasion des Perses de Xerxès Ier (480 av. J.-C.), il convainquit ses concitoyens d'évacuer Athènes et de livrer le combat sur mer : ce fut la grande victoire athénienne de Salamine. Thémistocle restaura ensuite les fortifications du Pirée et relia Athènes à son port par les Longs Murs. Rendu plus tard impopulaire par son orgueil et son luxe, il fut frappé d'ostracisme et se réfugia chez le roi des Perses. Malgré cette trahison, Thémistocle a été le fondateur de la puissance maritime d'Athènes. Voir Médiques (Guerres).


Thémistocle (v. 524-459 av. J.-C.). Célèbre homme d'État athénien appartenant à l'ancien genos des Lyco-mides, mais de mère non athénienne. Il fut élu archonte en 493 av. J.-C. et stratège de sa tribu en 490. Lors de son archontat, il commença l'aménagement du port du Pirée ; en 483, il obtint des Athéniens que les ressources des mines d'argent du Laurion soient affectées à la construction d'une flotte, qui passa ainsi de 70 à 200 trirèmes. De ce fait, lorsque Xerxès attaqua (voir médiques, guerres), Athènes possédait la flotte la plus puissante de Grèce. Thémistocle, stratège et commandant de la flotte, joua un rôle important dans cette guerre ; il remporta la glorieuse victoire de Salamine (480) en faisant en sorte que le combat se déroule dans le détroit entre l'île et le continent où l'avantage numérique de la flotte perse cessait d'être un avantage. En 479, quand le commandement fut confié à d'autres, il fut envoyé à Sparte pendant qu'Athènes relevait ses murs et fortifiait le port du Pirée, à l'insu des Spartiates qui s'y oppo saient. Au cours des années suivantes, il perdit toute influence, lorsque Ci-mon, le chef du parti aristocratique, s'imposa, il finit par être frappé d'ostracisme en 471 et se retira à Argos où il attisa la haine de Sparte. Vers 468, Sparte l'accusa de fomenter avec Pausanias un coup d'État soutenu par les Perses. Les Athéniens le condamnèrent à mort et ses biens furent confisqués. Il s'enfuit en Asie, en passant par Corcyre (Corfou), l'Épire et la Macédoine et finit par se réfugier auprès d'Artaxerxès, successeur de Xerxès en 464, qui le combla d'honneurs et le nomma gouverneur de Magnésie du Méandre. Il y serait mort de maladie en 459 ; mais selon Plutarque il se serait suicidé. Sa dépouille aurait été ramenée à Athènes et ensevelie à l'extérieur des murs du Pirée. Thucydide a brossé de lui un portrait resté célèbre (Histoire de la guerre du Péloponnèse, I, 138). Napoléon, dans une lettre adressée au prince régent d'Angleterre après la défaite de Waterloo en 1815, compara sa situation à celle de Thémistocle, contraint de se livrer à la merci du roi des Molosses en Épire.

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