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TEZCATLIPOCA

 Dieu aztèque aussi sanguinaire que puissant dont le culte s’est répandu jusqu’à la vallée de Mexico, il était à l’origine né au pays mixtèque où il régnait sur quatre directions avec pour chacune une cou-leur propre. Plus tard, il s’est incarné en quatre divinités différentes, le rouge Xipe Totec à l’ouest, le bleu Huitzilopochtli au sud, le blanc Quetzalcoatl à l’est, gardant toutefois au nord son identité, son nom de Tezcatlipoca et sa couleur symbole, le noir. Devenu le grand rival de son double positif, Quetzalcoatl, auquel il avait ravi le pouvoir grâce à ses ruses maléfiques, il mit fin à « l’âge d’or » toltèque (sans doute une évocation mythique du combat entre le jour et la nuit). Tezcatlipoca était le protecteur des guerriers, des magiciens, mais aussi des esclaves, qu’il défendait contre les méchants maîtres. Il incarnait le soleil nocturne, une bande de peinture noire lui barrant Je visage, tandis qu’une de ses jambes s’achevait sur une tête de serpent, l’autre sur un miroir d’obsidienne, le crocodile mythique sur lequel reposerait la terre lui ayant, d’après la légende, dévoré un pied. Il aurait aussi été transformé en étoile polaire ou en étoile de la Grande Ourse après avoir donné le feu aux hommes. Son animal symbole était le jaguar. Connaissant et voyant tout, invisible mais doté du don d’ubiquité, il récompensait ou punissait les humains en fonction de leurs actions et, en maître suprême, donnait le nom de chaque nouvel empereur. Tezcatlipoca, associé à Tlazolteotl, déesse de l’amour illicite et de la luxure (à qui il était de bon ton de se confesser au moins une fois dans sa vie), faisait enfin, chez les Aztèques, l’objet d’un culte sanglant particulièrement atroce : un beau jeune homme était ainsi choisi parmi les prisonniers de guerre pour incarner le dieu pendant un an, vivant ses jours ultimes dans un luxe princier, servi et honoré comme une divinité vivante, marié aux quatre plus belles vierges de la cité. L’année écoulée, il devait monter les marches du temple au cours de la cérémonie. sacrificielle, en brisant ses flûtes et tous ses attributs de richesse. Arrivé au sommet, il s’étendait sur la pierre du meurtre rituel, maintenu par quatre hommes, un prêtre lui ouvrait alors la poitrine avec un couteau d’obsidienne et lui arrachait le cœur.