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TEUTONIQUE (ordre) ou ordre des chevaliers Teutoniques de l'Hôpital Sainte-Marie de Jérusalem

Ordo Sanctae Mariae Teutonicorum, en allemand Deutscher Orden ou Deutscher Ritterorden. Ordre religieux et militaire qui eut pour origine un hôpital fondé vers 1189 en Terre sainte, à Acre, par des bourgeois de Lübeck et de Brême. En 1198, l'ordre proprement dit fut créé par des chevaliers allemands qui se trouvaient en Palestine et qui désiraient suivre à la fois le règlement hospitalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et les obligations militaires des Templiers dans la lutte contre les infidèles. Les chevaliers, qui se recrutèrent bientôt uniquement au sein de la noblesse allemande, portaient un manteau blanc marqué d'une grande croix noire. Treize ans à peine après sa fondation, l'ordre fut détourné pour la première fois de la Terre sainte et alla fonder en Transylvanie la ville de Kronstadt (Brasov), 1211. En 1226, il fut appelé sur les rives de la Baltique par le duc polonais Conrad de Mazovie, qui, pour lutter contre les Slaves de Prusse, avait déjà fondé en 1219 les chevaliers de Dobrzin. Le grand maître de l'ordre Teutonique, Hermann von Salza (1210/39), reçut alors la région de Kulm (Chelmno), et l'empereur Frédéric II donna à l'ordre tous les privilèges des princes d'Empire. Les chevaliers Teutoniques trouvèrent ainsi leur double mission historique dans le sud de l'Europe : la conversion des Slaves des régions baltiques et la colonisation allemande des marches de l'Est. Leur expansion se heurta à la résistance parfois victorieuse des Slaves : en 1242, Alexandre Nevski (v.) écrasa les Porte-Glaive sur les rives du lac Peïpous. Vers 1283, la Prusse était entièrement conquise, et, à la suite de leur fusion, en 1237, avec les chevaliers Porte-Glaive, l'action de l'ordre s'étendit également en Courlande et en Livonie. La chute de Saint-Jean-d'Acre (1291) acheva de rompre les liens des Teutoniques avec la Terre sainte. Le grand maître vint s'établir en 1309 à Marienburg, sur la Vistule, qui devint la capitale d'un véritable État monastique. Les Teutoniques construisirent en Prusse de magnifiques forteresses (Marienburg, Gollub, Mewe, Rheden) ; jusqu'à la fin, ils restèrent fidèles à leur destination originelle et entretinrent dans les pays Baltes d'importants hôpitaux. Cependant, leur activité prit un aspect de plus en plus profane : l'ordre devint une grande puissance financière et commerciale, avec le port de Dantzig ; l'évangélisation des pays conquis était inséparable de la colonisation et s'accompagnait de la fondation de nombreuses villes : Marienwerder, Elbing, Königsberg, Riga..., mais aussi du refoulement ou de l'extermination des populations slaves. Au XIVe s., l'ordre est devenu une puissance en Europe septentrionale : il annexe successivement la Pomérélie et Dantzig (1308/09), enlève l'Estonie aux Danois (1346), écrase les Lituaniens en 1370, s'empare de l'île de Gotland (1398) et atteint son apogée à la fois temporel et spirituel avec le grand maître Winrich von Kniprode (1351/82). Cependant, l'ordre va être menacé à l'intérieur par les dissensions entre les villes et les féodaux terriens, à l'extérieur par la coalition des Polonais et des Lituaniens. Le roi de Pologne Ladislas II Jagellon infligea aux Teutoniques la défaite de Tannenberg (15 juill. 1410), qui fut suivie par le premier traité de Thorn (Torun) en 1411. Le grand maître Heinrich von Plauen (1410/13) entreprit une réforme énergique de l'ordre, mais il se vit bientôt déposé par le chapitre. La noblesse locale, supportant avec une irritation croissante la suzeraineté des Teutoniques, constitua une ligue de défense, l'Eidechsenbund, puis le Preussischer Bund (vers 1440). Après la guerre de Treize Ans (1454/66), les Teutoniques furent vaincus par la Pologne et, à la seconde paix de Thorn (1466), ils durent céder à la Pologne la Pomérélie, le pays de Kulm, Marienburg et l'Ermland, et ne conservèrent que la Prusse-Orientale, mais sous la suzeraineté polonaise, et la Livonie. 00020000046900000F57 463,Le déclin de l'ordre était désormais irrémédiable. Le dernier grand maître, Albert de Brandebourg, élu en 1511, adhéra à la Réforme en 1525 et sécularisa l'ordre, transformant la Prusse en duché héréditaire dans la maison de Brandebourg. Les chevaliers se scindèrent alors en deux groupes : la majorité d'entre eux adhérèrent au protestantisme ; ceux qui restaient catholiques se retirèrent dans leurs domaines d'Allemagne, à Mergentheim, sous la direction du Deutschmeister, qui reçut en 1530 le titre de grand maître. L'ordre fut supprimé en Allemagne par Napoléon en 1809, mais il a survécu en Autriche jusqu'à nos jours comme ordre de chevalerie ecclésiastique. Quant à la branche livonienne de l'ordre, elle avait repris son autonomie en 1525 sous la direction de Walter von Plettenberg (1494/1535) ; sous la poussée des Russes, elle préféra recourir, elle aussi, à la sécularisation : en 1561, l'Estonie passa sous la domination suédoise, la Livonie sous la domination polonaise, et le dernier maître de la province livonienne, Gotthard Kettler, converti au protestantisme, reçut la Courlande comme duché héréditaire.

TEUTONIQUE (Ordre). Ordre religieux et militaire recruté dans la noblesse germanique. Il fut fondé à la fin du XIIe siècle en Palestine pour soigner les croisés germains et jouèrent un rôle important au XIIIe siècle dans la défense du royaume latin de Jérusalem. Les chevaliers portaient un manteau blanc marqué d'une grande croix noire. L'ordre s'établit aussi en Europe du Nord et acquit de vastes possessions, surtout en Germanie. En 1230, à la demande d'un duc polonais, il commença la conquête de la Prusse païenne qu'il convertit au christianisme. Établis à Marienbourg, les chevaliers Teutoniques devinrent au XIVe siècle une grande puissance commerciale (avec le port de Dantzig) et financière de l'Europe du Nord. Mais bientôt affaiblis, ils ne dominèrent plus que la Prusse orientale au XVe siècle. En 1525, le grand maître, Albert de Brandebourg, sécularisa les biens de l'ordre et la majorité des chevaliers se convertirent au protestantisme. L'ordre fut définitivement supprimé en Allemagne par Napoléon Ier en 1809. Voir Hospitaliers, Templier.

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