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TENTATION

TENTATION, n.f. (lat. tentatio «attaque»). Ce mot doit être compris en deux sens différents comme mise à l’épreuve ou comme attaque. ♦ 1° La Bible fait grand usage du mot tentation, a) Un personnage est mis à l'épreuve, il lui est demandé de témoigner de ses bons sentiments, de sa fidélité, de sa confiance, de sa force d'âme. Ex. : Genèse 22, le sacrifice d'Isaac demandé à Abraham. Dans ce seul cas la tentation peut venir de Dieu ; b) Le peuple met Dieu à l’épreuve, lui demande de se manifester parce qu’il doute de sa puissance et de sa bonté. Ex. Exode 17, l’épisode de Massa : le peuple hébreu doute de la protection de Dieu parce qu’il manque d’eau. Le peuple commet une faute : on ne tente pas Dieu (on ne met pas Dieu à l’épreuve), c) L’attaque est une incitation à faire le mal. C’est alors soit une attaque du démon qui cherche à persuader, ou à montrer une chose comme désirable, comme il le fit en Genèse 3, avec Adam et Ève ; soit simplement la manifestation du désordre qui existe dans les désirs humains quand ils ne sont pas gouvernés par la raison. Ex. : la faute de David (II Samuel, 11). ♦ 2° Sens strict. Désir ressenti ou suggestion reçue orientant vers une action moralement mauvaise. La tentation peut avoir pour cause le désordre intérieur des désirs, ou des éléments extérieurs : (objet, spectacle, situation, rencontre, propos entendus). La tentation implique toujours une complicité intérieure, une «intelligence avec l’ennemi» (JANKÉLÉVITCH, Traité des vertus). Conception chrétienne : action du démon incitant au mal. ♦ 3° Objet, personne, situation qui incitent à mal faire. ♦ 4° Tout commencement d’intention d’agir, accompagné de désir, même à propos d’actions qui n'ont rien de condamnable (tentation de faire un achat, d'aller se promener).

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