TEMPLIERS ou Chevaliers du Temple ou Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon
Ordre religieux militaire fondé en 1118 à Jérusalem (conquise sur les musulmans depuis 1099) par huit chevaliers français groupés autour du Champenois Hugues de Payns. Le roi de Jérusalem, Baudoin II, leur donna une maison sur l'emplacement du temple de Salomon (d'où leur nom), et leur fondation fut approuvée au concile de Troyes. Organisés selon la règle cistercienne, les Templiers comprenaient des chevaliers et des chapelains, également nobles, mais aussi des sergents et des domestiques ; l'autorité suprême appartenait à un grand maître, élu par les Chevaliers du Temple de Jérusalem, qui devait consulter le chapitre pour les actes les plus importants et était lié par le vote de la majorité. Avec les hospitaliers de Saint-Jean, les Templiers formèrent l'armée permanente des États latins d'Orient. Ils construisirent des forteresses dont il subsiste des ruines imposantes : Safed, Tortose, Toran, le krak des Chevaliers, le château des Pèlerins. Grâce aux privilèges que lui avaient conférés les papes, le Temple devint bientôt une puissance financière considérable ; grâce à ses commanderies qui jalonnaient la route de la Terre sainte, grâce aussi à sa scrupuleuse comptabilité, l'ordre était devenu la première banque internationale de tous les temps et monopolisait pratiquement les opérations financières relatives au commerce avec l'Orient. Il employait souvent ses richesses pour les meilleures causes, par exemple le rachat des chrétiens captifs, mais s'attirait aussi des haines grandissantes, surtout lorsque la perte définitive de la Palestine (1291) lui eut fait perdre sa raison d'être originelle. Dès lors, les Templiers ne furent plus guère que des banquiers. Au début du XIVe s., ils étaient environ 15 000, dont 2 000 en France, lorsque Philippe le Bel résolut de s'attaquer à l'ordre pour s'emparer de ses trésors. Le 13 oct. 1307, le grand maître, Jacques de Molay, et soixante Templiers furent arrêtés sous l'inculpation d'hérésie et de crimes divers (profanation, idolâtrie, sodomie). Soumis à la torture, les accusés avouèrent tout ce qu'on voulut, et Clément V, ébranlé par ces aveux, ordonna aux autres princes chrétiens d'arrêter les Templiers de leurs États (janv./mai 1308). Puis le pape se ravisa, confia à des commissions ecclésiastiques le soin d'une contre-enquête, au cours de laquelle les Templiers se rétractèrent. Mais le faible Clément V n'était pas de taille à résister longtemps au roi qui l'avait mis sur le saint-siège. Aussi bien les légistes de Philippe le Bel s'employaient-ils à créer un climat de terreur : en mai 1310, Enguerrand de Marigny (v.) obtint de son frère, archevêque de Sens, la condamnation comme relaps de cinquante-quatre Templiers qui avaient rétracté leurs aveux, et qui furent brûlés vifs. Pourtant, le concile de Vienne (oct. 1311) refusa de reconnaître la culpabilité des Templiers. Mais Philippe le Bel fit pression sur Clément V qui, par la bulle Vox in excelsis (3 avr. 1312), prononça la dissolution de l'ordre, dont les biens furent transférés aux hospitaliers (ce qui frustrait Philippe le Bel des profits espérés). Les Templiers persistant dans leurs aveux retrouvèrent leur liberté. Mais le 19 mars 1314, le grand maître, Jacques de Molay, et le chef de la province de Normandie, Geoffroi de Charnay, amenés sur un grand échafaud dressé devant Notre-Dame de Paris, furent sommés de répéter le récit de leurs crimes devant la foule assemblée. Ils protestèrent courageusement, dénonçant l'absurdité des accusations dont ils étaient victimes et proclamant la pureté et la sainteté de leur ordre. Philippe le Bel, furieux, les envoya le soir même au bûcher comme relaps. L'innocence des Templiers, proclamée par Dante dans son Purgatoire, est aujourd'hui à peu près unanimement reconnue. TEMPLIERS, Nom donné à un ordre religieux et militaire, les chevaliers du Temple, créé vers 1118 par des moines-soldats pour protéger les pèlerins en Terre sainte. L'ordre s'enrichit rapidement grâce à de nombreux dons et possédait domaines et forteresses. Chassés de Palestine par la reconquête musulmane, les templiers se replièrent en Europe occidentale dans leurs nombreuses commanderies. À la tête d'immenses domaines, ils devinrent une puissance financière considérable, prêtant de l'argent aux souverains et aux papes. En 1307, le roi de France, Philippe IV le Bel, désireux de s'approprier leurs richesses, ordonna l'arrestation des templiers. Soumis à la torture, ils avouèrent des crimes peu vraisemblables (sodomie) et plusieurs d'entre eux moururent sur le bûcher ( 1310). Le roi obtint du pape la dissolution de l'ordre (1312) puis fit exécuter le grand maître de l'ordre, Jacques de Molay (1314). Leurs biens furent confisqués et confiés aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les templiers portaient un vaste manteau blanc marqué d'une grande croix rouge. Voir Seigneurie, Teutonique (Ordre).
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- 1307 Arrestation des TempliersLes caisses de l'Etat sont vides et les chevaliers des Templiers fontmontre d'une richesse ostentatoire.
- 1307 Arrestation des Templiers Les caisses de l'Etat sont vides et les chevaliers des Templiers font montre d'une richesse ostentatoire.
- Il n'en est pas de-même de Jesus Christ, qui propose sa croix au coeur et à l'esprit des hommes, comme un paradoxe étonnant, et comme une source de mortification et de repentance. ? Jacques Abbadie, Traité de la vérité de la religion chrétienne, vol. 2
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