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TEIGE Karel

TEIGE Karel. Théoricien littéraire tchèque. Né et mort à Prague (13 décembre 1900 - 1er octobre 1951). Ce fils de l’archiviste de la ville de Prague participe à la fondation et à l’organisation de tous les mouvements d’avant-garde tchèque d’entre les deux guerres. On le trouve à la naissance de « L’Association pour la culture moderne Devetsil », qu’il anime de 1920 à 1931. Partisan résolu de la révolution sociale (communiste) et artistique, il se lie d’amitié avec le poète Jin Wolker (1900-1924) et publie avec Seifert, non sans certaines réserves, un « Manifeste de l’art prolétarien » (1922). Deux ans plus tard, il rédige un « Manifeste du poétisme », approfondi, avec Nezval, dans un second Manifeste (1928). Franchement opposé au courant « prolétarien », le poétisme est à mettre en parallèle avec le dadaïsme et le surréalisme en Occident : il met l’accent sur la liberté absolue du « moi » poétique, de ses sens, de sa fantaisie ludique. En 1934, Teige adhère tout naturellement au groupe surréaliste fondé par Nezval et prend part à toutes les discussions et polémiques, provoquées notamment par l’attitude à prendre vis-à-vis de l’U.R.S.S. (dont il s’éloigne irrémédiablement) : il codirige les recueils Le Surréalisme en discussion [ 1934], Le Réalisme socialiste [1935], Surréalisme [Surrealismus, 1936] et publie son volume d’études La Foire de l'art [1936] et son pamphlet Le Surréalisme à contre-courant [1938]. Il s’intéresse aux divers domaines artistiques, notamment aux arts plastiques (il débute, en fait, comme graphiste), au constructivisme, avec Structure et poème [1927], au cubisme, au futurisme, aux artistes tels Archipenko, Zrzavÿ..., à l’architecture et à l’urbanisme : L’Architecture moderne en Tchécoslovaquie [1930], Architecture de gauche et de droite [1934], au cinéma (étude sur Le Film, 1925, sur Chaplin, etc.), à l’art naïf, aux formes de divertissements populaires et à leurs rapports avec l’art moderne, au théâtre, avec les recueils Le Monde qui rit [1928], Le Monde qui sent bon [1930]. Il faut citer encore ses études sur Baudelaire (1927), Lautréamont (1929), Maïakovski (1936). Longtemps partisan des rapports avec l’U.R.S.S., il est parallèlement en relations avec les groupes d’avant-garde français (premier voyage en 1923), allemands (il fait un cours au Bauhaus de Dessau). A la Libération de 1945, il reprend son activité, édite la revue Kvart, dirige la bibliothèque d’ouvrages de théorie de l’art... Le régime instauré en 1948 attaque brutalement « le teigisme, agence trotskiste dans la littérature tchèque », ce qui abrège la vie de l’écrivain. « Réhabilité » pour un temps en 1966, certaines de ses œuvres reparaîtront, tronquées.

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