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TCHOUKOVSKI Kornei Ivanovitch

TCHOUKOVSKI Kornei Ivanovitch (pseud. de Nikolaï Korneïtchoukov). Critique et poète russe. Né le 31 mars 1882 à Saint-Pétersbourg, mort le 28 octobre 1969 à Kountsevo (près de Moscou). Exclu du lycée à douze ans parce qu’il était « fils de cuisinière » (sa mère était paysanne), il poursuivit ses études en autodidacte. Le premier recueil de ses articles critiques parut sous le titre De Tchekov à nos jours [1908]; ce livre fut suivi de beaucoup d’autres, analysant le processus littéraire en Russie. En même temps, Tchoukovski devint un des essayistes politiques les plus influents; sa campagne contre la peine de mort (1910) a été puissamment soutenue par Tolstoï et par Gorki. Après la Révolution d’Octobre, Tchoukovski fut un des fondateurs de la revue L'Occident littéraire et des éditions « Littérature universelle »; mais au milieu des années vingt, la pression de la censure devint si forte qu’il fut obligé d’abandonner toute activité critique. Désormais, Tchoukovski s’occupa de l’histoire littéraire du XIXe siècle, de traductions et de littérature pour enfants. Comme historien, il publia des livres de recherche sur N. Nekrassov et son temps; comme traducteur, c’est lui qui fit découvrir au lecteur russe Walt Whitman, Mark Twain, Chesterton, O’Henry; comme poète pour les enfants, il devint, après 1917, l’auteur le plus lu et le plus publié en U. R. S. S.; ses contes poétiques, Le Crocodile (1917), Le Cafard géant [1923], Le Mariage de la mouche [1924], Barmaleï (1925), furent tirés à des dizaines de millions d’exemplaires. Ce sont des textes abondant en verbes dynamiques, en jeux de mots, en rimes intérieures, en rythmes multiples et toujours changeants, en éléments folkloriques russes et anglais. La critique des années vingt et trente se déchaîna contre Tchoukovski en le traitant de poète bourgeois, propageant l’apolitisme et l’anthropomorphisme pour esquiver l’examen des grands problèmes politiques de son temps. Tchoukovski, qui avait déjà dû quitter la critique littéraire, fut obligé d’abandonner la poésie. Il y revint à l’époque du « dégel ». Mais il s’occupait alors principalement de ses mémoires, de travaux théoriques et historiques. Tels furent par exemple ses livres sur le langage enfantin, De deux à cinq [1928-1969, 21 éditions], sur la langue russe de nos jours, Vivant comme la vie [ 1962], sur l’œuvre de Tchekov (1958,1967), etc. Les œuvres quasi complètes de Tchoukovski comprennent six volumes (1964-1969) mais les meilleurs articles critiques ont été interdits : Akhmatova et Maïokovski (1921), Alexandre Blok, l’homme et le poète (1924), Les Deux Ames de Maxime Gorki (1924).

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