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TAULER Johann

TAULER Johann. Prédicateur et écrivain mystique alsacien de langue allemande. Né et mort à Strasbourg (1297?-16 juin 1361). Issu d’une famille très aisée, vers l’âge de dix-huit ans il entra chez les Dominicains de sa ville natale. Disciple de Maître Eckhart, — qu’il défendra plus tard, lorsque certaines de ses propositions seront censurées par Rome —, Tauler s’écarte souvent de la doctrine thomiste, imposée aux Frères Prêcheurs par décision de leur chapitre général de 1309. On trouve, par contre, dans les Sermons de Tauler, des influences franchement néo-platoniciennes, qui témoignent d’une lecture assidue des oeuvres du Pseudo-Denys l’Aréopagite et de celles de Proclus. Dans ses Sermons, Tauler développe une doctrine mystique d’union avec Dieu; pour atteindre à une telle union, les religieux et les laïques doivent s’astreindre à une triple préparation : mortification du corps, purification de l’âme — ce qui s’obtient en la dépouillant de tout désir — et, enfin, préparation intellectuelle, qui consiste à dépouiller l’esprit de toute image ou idée : « faire le vide » suivant son expression. (Il est intéressant de noter l’analogie des méthodes préconisées par Tauler avec celles des mystiques extrême-orientaux, telles que nous les connaissons à présent.) Expulsé, avec tous les Dominicains, de sa ville natale au début de 1339, à la suite de l’interdit lancé par le pape Jean XXII sur les terres soumises à Louis de Bavière, Tauler prêchera à Bâle et à Cologne, mais, dès 1348, il est de retour à Strasbourg, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort. Les enseignements de Tauler, très appréciés au XIVe et au XVe siècle, connurent une certaine défaveur au XVIe siècle, car nombre de catholiques lui imputèrent en crime les éloges qui lui furent prodigués dans plusieurs écrits de Luther. Louis de Blois (1530-1566), dans son Apologie de J. Tauler, tenta de défendre Tauler, mais ne semble pas y avoir réussi, du moins de son temps. Tauler n’a rien publié de son vivant; la première édition de ses quatre-vingt-quatre Sermons ne parut à Leipzig qu’en 1498. Toutefois, comme sa renommée était grande, le nombre de ses Sermons atteignit cent vingt-six dans l’édition de Bâle (1521) et cent cinquante et un dans celle de Cologne (1543). Il est donc bien certain que plus d’un Sermon est apocryphe, comme le sont également les autres écrits qui lui furent attribués : Les Institutions divines [Institutiones divinae, 1548], ou encore : Exercices très pieux sur la vie et passion de N.-S. Jésus-christ.

♦ « Comme théologien, Tauler est supérieur à tous les docteurs de toutes les Universités. » Luther.

♦ « Un des plus solides et des plus corrects des mystiques. » Bossuet.

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