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Tarik ; chef militaire des Berbères (début du viiie siècle).

Tarik ; chef militaire des Berbères (début du viiie siècle). Le souvenir de la conquête arabe de l'Espagne a légué à chaque camp, musulman et chrétien, une figure différente. Le commandant de l'armée, Musa ibn-Nusair, conquérant du Maroc et de l'Espagne, vainqueur honoré devant le calife à Damas puis proscrit tombé en disgrâce, est devenu le sujet de nombreux contes populaires arabes. Mais c'est son affranchi et général, le Berbère T., qui a laissé en Europe un souvenir durable grâce au promontoire de Gibraltar, où il débarque en 711 avec une petite avant-garde et auquel on donne son nom (« Djebel al-Tarik »). Les musulmans ont été appelés par des prétendants hostiles au roi wisigoth, Rodrigue/Roderic [710-711]. La mission de T. consiste alors seulement à explorer ce territoire, où l'ont précédé de petits détachements (709-710). Mais par une attaque audacieuse, il inflige, à Guadilbeca, aux Wisigoths de Rodrigue, une défaite qui décide du destin de l'Espagne (23 juill. 711). Demeuré suspect aux yeux de son commandant qui le jalouse, T. prend néanmoins une part très importante à la conquête de l'Espagne par les Arabes. Il s'empare de la capitale des rois wisigoths, Tolède, sans trouver nulle part de véritable résistance de la part du royaume, déjà miné de l'intérieur. Musa, arrivé depuis 712 et bientôt secondé par son fils Abd el-Aziz, prolonge ces conquêtes foudroyantes et les deux armées nettoient presque tout le Nord des dernières poches de résistance avant de voir leurs chefs disgraciés. Le royaume wisigoth est déjà devenu al Andalus. Le calife de Damas, brisant les précoces tentatives d'indépendance (Abd el-Aziz est assassiné après avoir épousé la veuve de Roderic), délègue son autorité à des gouverneurs établis à Cordoue.

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