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Taft, William Howard (Cincinnati 1857-Washington 1930) ; président des Etats-Unis [1909-1913].

Taft, William Howard (Cincinnati 1857-Washington 1930) ; président des Etats-Unis [1909-1913]. Désigné comme son successeur par Théodore Roosevelt, son ministre de la Guerre, T., juriste expérimenté de l'Ohio, peut se fonder sur une bonne réputation acquise en qualité de président de la commission des Philippines et qu'administrateur talentueux des travaux du canal de Panama. Élu président en 1908, T. soulève avec le protectionnisme une question que son prédécesseur avait sagement évitée pour empêcher une scission au sein du parti républicain. Un projet de loi qui, en fin de compte, élève les droits de douane au lieu de les abaisser et reflète l'influence des conservateurs, provoque de vifs débats avec les progressistes dirigés par La Follette {Payne Aldrich Bill, 1909), lesquels infligent une première perte de prestige au président en réussissant à réduire le pouvoir des porte-parole conservateurs à la Chambre des représentants. En politique intérieure, outre le création du ministère du Travail, T. peut se targuer avant tout d'un renforcement des actions antitrust ainsi que de deux amendements constitutionnels (fixation de l'impôt sur les revenus par le Congrès ; élection directe des sénateurs) et de l'entrée de deux États dans l'Union (Nouveau-Mexique, Arizona). Sous sa présidence, le style de la politique extérieure se transforme en « diplomatie du dollar », qui remplace le « gros bâton » de Roosevelt par l'impérialisme économique en Chine et en Amérique latine. En 1912, l'évolution interne du parti républicain éloigne de lui le dynamique Roosevelt et les scandales liés à sa candidature à la présidence - ses partisans cherchent à assurer sa candidature au moyen de combinaisons financières - ouvrent la voie à la victoire électorale du démocrate Wilson. T. sert de médiateur à ce dernier dans les conflits salariaux de 1919. Un an plus tard, il est nommé juge suprême par Harding. Contrairement à ses prédécesseurs, T. a donné de lui-même une image plus conservatrice qu'il ne l'était ; en réalité en tant que juriste constitutionnel, il fit davantage attention aux limites de son pouvoir qu'à ses capacités d'action.

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