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SWAZILAND

État de l'Afrique méridionale formant une enclave dans la République sud-africaine, avec une partie de frontière commune avec le Mozambique ; capitale Mbabane. Les Swazis, peuple bantou, qui habitaient au début du XIXe s. le Shiselweni, sur la rive nord du Pongola, en furent chassés vers 1815 par un chef Ndwandwe et vinrent s'installer un peu plus au nord, dans leur pays actuel. En 1881, ils firent garantir leur indépendance par les Anglais, mais, en 1894, ceux-ci autorisèrent la première République sud-africaine à protéger et à administrer le pays, sans droit d'incorporation. Après la guerre des Boers (v.), le Swaziland fut administré par le gouverneur du Transvaal, puis, à partir de 1906, par un haut-commissaire britannique. Devenu, en 1967, une monarchie constitutionnelle autonome, le Swaziland accéda à la pleine indépendance en 1968. Depuis son indépendance, la monarchie constitutionnelle du Swaziland, dont l'économie dépend entièrement de l'Afrique du Sud, fait partie de l'union douanière sud-africaine. En 1982, le roi Mswati III succédait à Sobhuza II ; il se heurta à l'opposition des étudiants, dont les manifestations furent violemment réprimées en 1990. En 1993 eurent lieu les premières élections semi-libres depuis vingt ans. Malgré l'interdiction des partis politiques, elles se traduisirent par un renforcement des opposants au régime traditionaliste. Mais l'engagement pris par le roi Mswati III, en févr. 1996, de rétablir la Constitution de 1973 ne fut pas suivi d'effet et le multipartisme resta proscrit. À défaut de partis, des organisations syndicales ou culturelles ont repris le flambeau de la contestation, manifestant fréquemment dans l'Afrique du Sud voisine - puisqu'elles n'avaient pas l'autorisation de le faire au Swaziland - pour réclamer une monarchie constitutionnelle. L'année 2000 a vu une recrudescence des manifestations après que le frère du roi eut fait main basse sur des terres en en chassant les chefs coutumiers. Des membres du gouvernement de ce pays dramatiquement touché par le sida - un quart de la population serait atteint - osèrent proposer, fin 2000, de stériliser les malades ou de les enfermer dans des camps.

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