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SUDÈTES

Nom donné, avant la Seconde Guerre mondiale, à tous les Allemands installés en Bohême dans les régions voisines de la frontière du Reich. Descendants de colons allemands appelés dans le pays à partir du XIIIe s. par les rois de Bohême, les Allemands Sudètes se trouvaient dans une situation précaire depuis le réveil du nationalisme tchèque au XIXe s. En 1919, ils demandèrent en vain leur rattachement à l'Allemagne, puis furent soumis à la pression des autorités tchécoslovaques. En 1938, on comptait environ 3 200 000 Sudètes en Tchécoslovaquie (dont la population totale était de 15 millions d'individus, avec environ 7 millions de Tchèques). Les revendications de cette importante minorité furent naturellement soutenues par Hitler et, en 1933, Konrad Henlein fonda le parti allemand des Sudètes, d'inspiration nationale-socialiste, qui obtint de grandes victoires électorales en 1935 et en mai 1938. En dépit des instances de la France et de l'Angleterre, le gouvernement de Prague refusa d'accorder l'autonomie interne aux Sudètes ; d'où une grave crise qui mit en danger la paix européenne et ne fut résolue que par les accords de Munich (29/30 sept. 1938), aux termes desquels le territoire des Sudètes était rattaché au Reich. En 1945, ce territoire fut réuni de nouveau à la Tchécoslovaquie, qui expulsa la plupart des Allemands Sudètes (il en reste aujourd'hui de 160 000 à 200 000). À partir de 1989, la démocratisation de la Tchécoslovaquie a relancé les demandes d'indemnisation exprimées par les expulsés ou leurs héritiers, qui sont représentés, en Allemagne, par une puissante organisation, le Landsmannschaft. Cette question des Sudèdes assombrit, au milieu des années 1990, les relations entre l'Allemagne et la nouvelle République tchèque. Le président tchèque, Vaclav Havel, qui avait, en 1990, prononcé des excuses publiques pour l'expulsion des Allemands des Sudètes, exclut cependant, en 1995, tout dédommagement matériel ou financier. Cette position était confortée par un jugement, rendu en mars 1995 par la Cour constitutionnelle tchèque, qui confirma la légalité de la confiscation des biens des expulsés de 1945.

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