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STRUENSEE Johann Friedrich, comte von

Homme politique danois. Fils d'un pasteur allemand, il devint médecin communal à Altona (1759), puis médecin personnel de Christian VII de Danemark (1768). Il ne tarda pas à dominer complètement l'esprit du jeune et faible souverain et devint l'amant de la reine Caroline-Mathilde. Avec l'appui de celle-ci, il renversa le ministre Bernstorff (1770) et fut nommé lui-même Premier ministre et comte (1771). Il accomplit une vaste œuvre réformatrice, dans l'esprit du despotisme éclairé, avec l'aide d'Enevold von Brandt. Affermissant le pouvoir royal en face de l'aristocratie, il imposa des économies sévères, abolit le servage, la torture, la prison pour dettes, et aussi les corporations, qui entravaient le développement de l'industrie. Cette véritable révolution lui valut la haine des nobles et du clergé, qui trouvèrent un puissant appui auprès de la reine douairière Juliana. En janv. 1772, le roi ordonna l'arrestation de Struensee et de la reine, qui avouèrent leurs relations coupables. La reine fut confinée dans la forteresse de Kronborg ; Struensee, accusé de complot contre le roi, fut condamné à mort et décapité, ainsi que son ami Brandt. Voir DANEMARK. Le « despotisme éclairé » du XVIIIe s.

Struensee, Johann Friedrich, comte de (Halle 1737-Copenhague 1772); médecin allemand et ministre danois.

Dégoûté par le piétisme de son père, S. se tourne complètement vers les Lumières. En 1758, il devient médecin communal à Altona, puis, en 1768, médecin personnel de Christian VII de Danemark. Il acquiert bientôt une grande influence, d’abord auprès du roi, puis également auprès de son épouse Caroline Mathilde. Après avoir écarté le ministre J.H.E. Bernstorff, il est investi des pleins pouvoirs par Christian VII : il peut désormais prendre des décisions sans la signature royale, et exerce donc, à partir de 1771-1772, un pouvoir absolu. Dans l’esprit du despotisme éclairé, il accomplit une vaste oeuvre réformatrice inspirée largement de celle de Frédéric II : il introduit la liberté de la presse, la tolérance religieuse, supprime la torture et le servage, abolit les corporations. Mais sa manière brutale de procéder, la destruction anarchique de toutes les traditions, le refoulement du danois au profit de l’allemand, le renvoi en nombre d’anciens fonctionnaires, et sa liaison avec la reine, qui lui donne une fille en juillet 1771, suscitent bientôt un mouvement général d’opposition. Une conjuration de nobles contraint le roi à signer un mandat d’arrestation. S. est fait prisonnier en février 1772. Le 25 avril 1772, après l’aveu de ses relations coupables avec la reine, il est décapité.

Bibliographie : F. Bluche, Le Despotisme éclairé, 1968.

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