STREUVELS Stijn
STREUVELS Stijn (pseud. de Frank Lateur). Poète flamand. Né et mort à Heule, près de Courtrai (Belgique) 3 octobre 187115 août 1969. Neveu du prêtre-poète flamand Guido Gezelle, Streuvels ne fit d’abord que de simples études à l’école communale. Placé dès son adolescence comme garçon pâtissier à Avelghem, il y reste jusqu’en 1905 mais déjà commence à publier dans des revues quelques nouvelles qui attirent l’attention sur lui. Ayant abandonné son premier métier, il s’installe dans un petit bourg des Flandres Orientales, à Ingoyhem, où il vivra en étroite communion avec une pauvre population d’ouvriers et de paysans. Resté lui-même homme de la terre, Streuvels n’en est pas moins un artiste cultivé fort soucieux de son art; il n’a pas échappé, à ses débuts, à des influences d’époque, celle de Maupassant et du naturalisme en particulier, manifeste dans son premier livre paru en 1899, La Fie au printemps. Mais c’est l’expérience vécue, le contact de tous les instants avec la terre et les hommes simples qui restent ses seuls véritables maîtres : misères et victoires du paysan, qu’il dépeint dans L’Août [De Oogst, 1900]; du Flamand des classes pauvres, décrit dans L’ouvrier [De Werkman, 1913]; tels sont les deux grands thèmes de l’œuvre de Streuvels qu’on retrouve encore dans L’Automne, dans Le Lin (1907), son meilleur livre, ou dans des études de la vie rurale comme Le Long des chemins [Longs de wegen, 1902] et Commerce d’amour [Minnehandel,1903] . Thèmes limités, certes, mais qui ne réduisent pourtant pas Streuvels au rang d’écrivain régionaliste. C’est pourquoi sans doute l’œuvre de Streuvels, qui reçut en 1926 le Grand Prix triennal de littérature flamande, a rayonné au-delà de sa province, qu'elle a connu une grande popularité en Hollande et même en Allemagne, et a valu à son auteur le titre de docteur « honoris causa » des Universités de Louvain et de Munster en Westphalie.