STÉSICHORE
STÉSICHORE. Poète grec. Il vécut entre la deuxième moitié du VIIe et la première moitié du VIe siècle av. J.-C. Son vrai nom était Tisias, Stésichore n’était qu’un surnom qui signifie « organisateur de chœurs ». Son père, qui s’appelait Euclide, avait été l’un des fondateurs de la colonie d’Himère en Sicile. Stésichore a été salué par toute l'Antiquité comme l’Homère de la poésie chorale, parce qu’il a transmis sous la forme épique un grand nombre de mythes. Une autre légende, rapportée par Platon, raconte que, pour avoir chanté dans un poème les amours illégitimes de Pâris et d’Hélène, celle-ci se serait vengée en le privant de la vue, qu’il n’aurait recouvrée que plus tard, lorsque dans sa Palinodie il démentit la fuite à Troie et l’adultère de la très belle dame. Une tradition rapporte que Stésichore serait mort très âgé à Catane, vers le milieu du VIe siècle. L’œuvre de Stésichore — ses Odes — devait être considérable puisqu’elle ne comprenait pas moins de vingt-six livres qui contenaient des péans, des chants d’amour, des poèmes dit « bucoliques », et surtout des Hymnes qui formaient la partie la plus importante de sa production; certains de ces Hymnes semblent avoir été, selon la remarque de Bergk, de véritables « rapsodies épiques », et furent probablement récités lors des cérémonies solennelles où l’on célébrait dans les villes de Sicile et de Grande Grèce le souvenir des fondateurs et des héros. A ce genre appartenaient probablement l'Orestie en deux livres, la Géryonéide, La Chasse au sanglier, les Jeux pour Pélias, Cerbère, Kyrnos, Skylla, Hélène et la Palinodie qui lui fait suite, l'Europie, Eriphyle, les Retours, dont il ne nous reste que les titres ou quelques fragments. En conformité avec le genre nouveau qu’il introduisait au sein des anciennes formes poétiques, Stésichore renouvela le rythme et le mètre en créant la longue strophe et la triade ou groupe de trois strophes (strophe, antistrophe, épode), qui devaient s’imposer à ses successeurs. Stésichore écrivait en dorien littéraire dont l’emploi devait se généraliser. Sa phrase est ample et riche mais parfois d’une abondance excessive.
Stésichore («maître du choeur»). Poète lyrique grec de la première moitié du vie siècle av. J.-C., et dont le vrai nom était Tisias. Originaire, semble-t-il, de Métaure (Matauros) à l'extrémité de la botte italienne, il aurait vécu à Himère en Sicile. Il composa une poésie lyrique narrative, connue chez les Grecs sous le nom de lyrisme choral en raison de sa structure triadique, forme dont il serait l'inventeur. On a dit qu'il était impossible, étant donné leur longueur, que ses poèmes fussent accompagnés par un choeur de chants et de danses. Il les aurait donc chantés lui-même en s'accompagnant d'une lyre, à la manière des aèdes homériques (voir homère). Ses poèmes étaient en effet très longs : la Geryo-neis, par exemple, excédait 1 800 vers (en comparaison, les odes de Pindare dépassaient rarement cent vers) et l'Oresteia remplissait deux livres. Les compilateurs d'Alexandrie rassemblèrent ses poèmes en vingt-six rouleaux. Seuls subsistent aujourd'hui des fragments retrouvés au début du siècle sur des papyrus. Les titres qui nous sont parvenus indiquent qu'il tirait son inspiration aussi bien des cycles épiques (voir épopée) que d'Homère proprement dit. Son Oresteia diffère du récit d'Homère en ceci qu'il situe la mort d'Agamemnon à Sparte (et non à Mycènes ou à Argos) ; en outre, comme Eschyle dans Les Choéphores, Stésichore mentionne les rêves de Clytemnestre et évoque la nourrice d'Oreste. Dans la Geryoneis, récit du vol des boeufs de Géryon, on remarque une des premières évocations des mines d'argent de Tar-tessos ; on y trouve également une description mémorable de la coupe du Soleil (voir hélios). Les Jeux funèbres de Pélias sont tirés de la légende des Argonautes, le Chasseur de sanglier, de la légende de Mé-léagre et du sanglier de Calydon, l'Éri-phyle de la légende thébaine. L'lliou-persis, «le Sac de Troie», s'inspire du cycle épique et comporte l'épisode de la construction du cheval de bois par Épéios. Certains ont vu dans ce poème la source des récits relatifs aux pérégrinations d'Énée en Italie. Stésichore a composé deux versions de l'histoire d'Hélène : la première, traditionnelle, fait d'Hélène la cause de la guerre de Troie; la seconde, qui nous est familière pour avoir été reprise par Euripide dans son Hélène, ne fait venir à Troie que le fantôme d'Hélène, elle-même se trouvant en Égypte. Selon la légende, Stésichore aurait été frappé de cécité pour avoir parlé d'Hélène avec irrévérence dans son premier poème et aurait recouvré la vue après s'être rétractré dans sa célèbre Palinodie, déclarant qu'Hélène n'avait jamais été à Troie et rejetant sur Homère la responsabilité du premier récit. Sa langue et son style révèlent une forte influence du style épique ; s'y ajoutent des éléments de lyrisme choral tardif, comme le recours fréquent aux épithètes. Le mètre qu'il utilise est une forme de dactylo-épitrite. Stésichore a considérablement influencé l'art de son époque : les sujets de ses poèmes apparaissent sur de nombreux vases.