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SPERANSKI Mikhaïl Mikhaïlovitch, comte

Homme politique russe. Fils d'un simple prêtre de campagne, il devint vers 1806 le principal conseiller d'Alexandre Ier, qui le chargea d'élaborer un projet de Constitution. Il fut à l'origine de la création d'un Conseil d'État qui devait examiner les lois avant leur promulgation et établir chaque année le budget (1810). Devenu Premier ministre de fait, comme secrétaire du Conseil d'État, il fit adopter ensuite le principe de la division des pouvoirs législatif et exécutif, institua des examens pour le recrutement des fonctionnaires et prépara même la rédaction d'un code civil et l'élection d'une douma. Ces projets, qui auraient fait de la Russie une monarchie constitutionnelle, soulevèrent une vive opposition, et Speranski, accusé de jacobinisme, fut exilé en 1812 à Nijni-Novgorod. Rappelé par Nicolas Ier en 1826, il fut placé à la tête de la section de législation de la chancellerie impériale et mena à bien la compilation du Recueil complet des lois russes (1832), qui resta la base juridique de l'Empire jusqu'en 1917. Voir RUSSIE. Réformes et réaction : Paul Ier et Alexandre Ier (1796/1825). Nicolas Ier : réaction politique et réformes sociales (1825/55).

Speranski, Mikhaïl Mikhaïlovitch, comte (gouvernement de Vladimir 1772-Saint-Pétersbourg 1839) ; homme politique russe. Fils d’un simple prêtre de campagne, S. est élevé dans un séminaire religieux, mais il fait rapidement carrière au service de l’État grâce à ses remarquables capacités, une personnalité séduisante et une énorme puissance de travail. Encouragé par de hauts protecteurs, il gagne la confiance d’Alexandre Ier. Entre 1808 et 1812, il est l’homme le plus influent de Russie, enveloppé de mystère à cause de sa carrière de parvenu. Ministre de la Justice remplaçant depuis 1808, secrétaire d’État personnel de l’empereur depuis 1810, il est chargé par Alexandre d’élaborer le premier projet de Constitution russe, fondé sur une stricte séparation des pouvoirs. Ce plan qui, pour l’époque, était libéral et prévoyait notamment un Parlement, sous la forme d’un Conseil impérial (Chambre haute) et d’une Douma impériale, certes très réduite (Chambre des députés), ne sera réalisé que très partiellement par la création du Conseil d’État, dont l’empereur nomme les membres, et qui est chargé d’examiner les lois avant leur promulgation et d’établir chaque année le budget (1810). Dès 1803, le principe collégial avait été remplacé par celui de la responsabilité des ministres avec portefeuille et les tâches des ministres avaient été limitées à de la pure administration. Un oukase de 1811 fixe la responsabilité personnelle des ministres avec portefeuille vis-à-vis du Conseil d’État. Le projet de Constitution en revanche, qui prévoyait une représentation du peuple fondée sur des doumas communales directement élues, se constituant ensuite en doumas de circonscriptions et de provinces, reste lettre morte.

Rien n’est changé dans l’appareil bureaucratique local complètement obsolète ni dans la législation générale, même si le Sénat fonctionne depuis 1802 comme une sorte de Cour suprême, dont les compétences par rapport à l’administration restent cependant mal définies. Combattu très violemment par Araktcheïev et Karamsine, accusé en 1811-1812 de haute trahison à cause de son amitié pour la France, et de jacobinisme, S. est exilé en 1812 à Nijni-Novgorod. Il peut cependant retourner sur ses terres en 1814. En 1816 il est gouverneur de Pensa, puis en 1819 gouverneur général de Sibérie, où cet organisateur exceptionnel développe une activité extraordinairement fructueuse. Après être passé du côté conservateur, il est même nommé en 1824 membre du Conseil d’État sans pourtant reprendre d’influence politique. En 1826 Nicolas Ier le place à la tête de la section de législation de la chancellerie impériale, où il met sur pied une compilation des lois russes (1832) ; ce recueil servit de base juridique à l’administration russe jusqu’en 1917. Bibliographie : P. Pascal, Histoire de la Russie, 1946.

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